4. La parité, les étapes d'une réforme
Le projet a reçu, de fait, une impulsion décisive de la part des institutions européennes. L'idée de parité a pris son essor à partir de ces instances internationales, moins marquées par la concurrence pour le pouvoir, dotées d'une solide expertise comparative et de politiques publiques prenant en compte les femmes.
Une première phase, d'expertise, s'ouvrait en 1989, avec la présentation par la philosophe Élisabeth Sledziewski, lors d'un séminaire au Conseil de l'Europe, du concept de « démocratie paritaire ». Elle y attaquait l'universalisme abstrait du droit politique démocratique au nom de la différence des sexes : prétendument sans genre, expliquait-elle, ce droit est toujours décliné au masculin, ce qui aboutit à un « apartheid » de fait contre les femmes, exclues du dêmos gouvernant. La démocratie devrait, pour cesser d'opérer ce déni, prendre appui sur une conception « réaliste » de l'universalité où le peuple citoyen serait pris en compte « dans son identité duelle », c'est-à-dire, sexuée. Politiquement, il s'agit d'opérer un partage de la souveraineté démocratique entre les hommes et les femmes, et, pour cela, d'assurer la composition paritaire des instances du débat et de la décision démocratique, ce qu'une loi, dotée d'une assise constitutionnelle, devrait garantir.
À partir de 1991, la Commission européenne mit en place un réseau d'experts international, « femmes dans la prise de décision », dans le cadre du troisième programme pour l'égalité des chances entre hommes et femmes. En novembre 1992, ce réseau européen organisait une conférence sur les femmes dans les processus de décision dont l'acte final, la Déclaration d'Athènes, recommandait l'adoption de la « parité dans la représentation et l'administration des nations ». Françoise Gaspard publiait en France un ouvrage, inspiré de cette nouvelle expertise, proposant la parité comme nouvel horizon du féminisme et de l'égalité, tandis que deux associations pour la parité étaient […]
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