Descendant d'esclaves africains affranchis, Félix Éboué dont le père fut chercheur d'or en Guyane bénéficie d'une bourse pour poursuivre ses études secondaires à Bordeaux puis, à Paris, mène de front des études de droit et celles de l'École coloniale. Pour son premier poste il est nommé en Oubangui en 1908. Ses vingt années de service en Afrique-Équatoriale française lui permettent de donner sa mesure et de révéler ses qualités d'administrateur.
Nommé en 1933 secrétaire général à la Martinique — où, en deux ans, il réussit à redresser la situation économique — puis au Soudan français, et enfin élevé au rang de gouverneur à la Guadeloupe en 1936, il met en pratique son esprit de conciliation dans un contexte social troublé. Devant la menace d'un futur conflit, il est nommé en 1938 gouverneur du Tchad, avec mission d'assurer la protection de la voie stratégique vers le Congo ; il fait construire les routes qui devaient permettre en janvier 1943 à la colonne Leclerc de remonter rapidement à travers le Tibesti vers l'Afrique du Nord. Dès le 18 juin 1940, Éboué se déclare partisan de De Gaulle et, le 26 août, proclame le ralliement officiel du Tchad, donnant ainsi « le signal d […]
