Évêque d'Orléans, Dupanloup fut une personnalité marquante de l'Église et de la politique française dans la seconde moitié du xixe siècle. Enfant naturel, peut-être d'un des « grands noms de France » (selon P. Lasserre), il reçut à Paris, où sa mère se fixa en 1809, une excellente éducation et se trouva dès son adolescence en contact avec l'élite de la société française et du clergé de la Restauration. Chargé, de 1826 à 1834, du catéchisme de la Madeleine, il y fit merveille. Nommé en 1837 supérieur du petit séminaire de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, il s'y révéla un éducateur hors pair, dont son ancien élève Renan a souligné les dons dans ses Souvenirs d'enfance et de jeunesse (mais l'enfant que Dupanloup avait si bien compris était plutôt celui des collèges que de l'école primaire, car il ne s'intéressa jamais beaucoup à l'éducation populaire, si ce n'est pour la soustraire à l'influence irréligieuse et révolutionnaire des instituteurs publics).
À partir de 1844, cet ancien adversaire de Lamennais se lança dans la campagne pour la liberté de l'enseignement secondaire, aux côtés de Montalembert, dont il devint pour un quart de siècle l'ami et le confident ; il mit au service de cette cause ses talents de conciliateur et le prestige personnel dont il jouissait dans le monde catholique parisien, surtout depuis qu'il avait négocié, dans les derniers mois de la vie de Talleyrand, la réconciliation de l'ancien évêque d'Autun avec l'Église, et il fut le principal artisan de la loi Falloux de 1850.
Nommé évêque d'Orléans en 1849, il fit preuve d'une activité pastorale multiforme, mais il n'en poursuivit pas moins, grâce à la proximité de la capitale, sa fiévreuse activité sur le plan national, devenant bientôt l'un des chefs les plus en vue du groupe catholique libéral du Correspondant, en lutte ouverte avec Louis Veuillot, devenu le champion d'un ultramontanisme intransigeant, que Dupanloup, avec son sens aigu de l'opportunité, considérait comme étant de nature à écarter de l'Église les mi […]
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