La carrière du peintre Félix Del Marle s'organise autour de deux périodes principales, l'une futuriste, l'autre néo-plastique. Del Marle, très intéressé par le Manifeste de Marinetti publié le 20 février 1909 dans Le Figaro, fréquente à Paris les peintres futuristes Boccioni et Severini. Il fait sienne leur théorie mais donne à celle-ci une résonance locale lorsqu'il publie le 13 juillet 1913 son Manifeste futuriste à Montmartre, antipasséiste et résolument moderniste : « Il faut détruire Montmartre et dégager toute la beauté neuve des constructions géométriques, des gares, des appareils électriques, des aéroplanes. » Les tableaux qu'il fait à cette époque exaltent la vitesse, la vie industrielle (Le Port, 1913), l'animation de la rue (Le Boulevard, 1913), dissocient les rythmes en éléments juxtaposés (La Patineuse, 1913). Del Marle est pratiquement le seul artiste français à adhérer pleinement au mouvement. La Première Guerre mondiale interrompt cette agitation et, bien que vantée par Marinetti comme acte futuriste suprême, elle est pour Del Marle une expérience décevante qui oriente sa réflexion vers le rôle social de l'art […]
