Considéré aujourd'hui comme l'un des trois narrateurs, avec Stevo et Pirandello, qui ont donné au roman italien du début du xxe siècle une dimension européenne, Tozzi reste assez méconnu du grand public, sans doute à cause d'une œuvre quantitativement limitée par une mort prématurée, à trente-sept ans. Emporté par la grippe espagnole un an après la publication de son premier roman, il laisse beaucoup de textes inédits ou passés inaperçus dans des éditions éphémères et des revues rares. Le caractère jugé morbide de son inspiration explique aussi l'accueil réservé de ses contemporains.
Tous ses romans, profondément autobiographiques, sont inspirés par la campagne siennoise où le petit Federigo, d'une santé fragile, a grandi entre une mère trop douce et un père violent. Vite orphelin de mère, ce fils d'un petit propriétaire terrien, également aubergiste, connaît une jeunesse orageuse et instable, tour à tour étudiant aux Beaux-Arts et apprenti technicien. Les Souvenirs d'un employé (Ricordi di un impiegato, 1920) racontent comment il se dégage, non sans mal, de la tutelle paternelle, en devenant employé des chemins de fer.
Cet autod […]
