3. Exploitation des animaux sauvages
Le « charognage » représente la première forme d'exploitation de la faune sauvage par les Hominidés, famille de primates (attestée à 6 millions d'années) qui inclut le genre Homo (2 millions d'années) et l'espèce actuelle, Homo sapiens (150 000). Cette pratique a ensuite été accompagnée de celle de la chasse, qui s'est généralisée avec le genre Homo. Cette dernière a constitué, pour les premiers hommes, un des éléments essentiels de leur stratégie de survie qui a favorisé leur expansion démographique et géographique : la lignée humaine va coloniser les milieux ouverts et se séparer des grands singes qui, eux, restent inféodés à la forêt et au régime alimentaire de fruits et de végétaux, plus rarement de viande. Avec la cueillette et la pêche, la chasse a assuré les besoins alimentaires humains jusqu'au Néolithique, période à partir de laquelle se sont développés les produits complémentaires issus de l'élevage et de l'agriculture.
Exploitée d'abord exclusivement pour des raisons de subsistance, la faune sauvage est devenue parallèlement, au fil des siècles, une ressource valorisée par son intégration dans les circuits commerciaux et dans les usages récréatifs et scientifiques. C'est à partir du xve siècle, avec l'expansion européenne et la colonisation, que cette exploitation s'est intensifiée, destinée à une économie de marché naissante. Depuis lors, elle n'a pas cessé de croître, surtout à partir du xixe siècle, en raison de la globalisation planétaire des échanges et du bond en avant de la démographie humaine. Ces pressions sur la faune sauvage, auxquelles il faut en ajouter d'autres également d'origine anthropique – comme la réduction de son habitat – se sont traduites par l'épuisement de nombreuses populations animales, voire par la disparition d'espèces. Dès lors, il a fallu, à la fin du xixe siècle, commencer à mettre en place des réglementations, destinées à sauvegarder les ressources, ainsi que des mesures de protection pour l […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 21 pages…



