Fille que Muḥammad eut de sa première femme Khadidja, Fāṭima épousa ‘Alī b. Abī Ṭālib, cousin du Prophète ; de leur union naquirent deux fils, Hasan et Ḥusayn. Il est difficile de se faire une idée de ce que fut réellement Fāṭima. Peut-on conclure de son effacement, c'est-à-dire du peu de renseignements que l'histoire a conservés à son sujet, qu'elle était une femme médiocre et de peu d'intérêt ? Ou doit-on penser que la vénération dont elle est l'objet de la part des musulmans, même non shī‘ites, témoigne de qualités spirituelles qui ont touché les âmes religieuses ? Il est difficile de trancher.
On sait qu'elle pleura beaucoup sa mère et qu'elle s'attacha profondément à son père, qui semble l'avoir entourée d'une affection pleine de sollicitude. Aimait-elle ‘Alī ? Elle fut sans doute la première femme en Islam dont le « silence » fut considéré comme un consentement au mariage. On sait qu'il y eut quelques nuages entre les époux, surtout quand il fut question à deux reprises qu'‘Alī prît une seconde femme. Le Prophète choisit, en cette occasion, le parti de sa fille et dit : « Fāṭima est une partie de moi-même ; celui qui l'offense m'offense. » Ce ḥadīth devait être souve […]
