2. Les composantes du style moghol
L'ordonnance majestueuse de tout l'ensemble de Fatehpur Sikri, en même temps que son style particulier, autant indien que musulman, lui confère une place d'élection dans l'art moghol. Akbar était un homme éclectique : il sut exiger des architectes et des décorateurs une entente harmonieuse entre les formules persane et hindoue. C'est ainsi que les arcs persans et les toitures en coupole s'allient aux colonnades utilisées traditionnellement dans les deux arts, au symbolisme hindou (comme dans le Pañch Mahāl dont les cinq étages en retrait évoquent la cosmologie de l'Inde, tout comme dans le pilier central du Diwan i-Khas) et aux habitudes décoratives des Hindous (bien qu'en modérant celles-ci). L'architecture akbarienne, aux lignes sobres et bien équilibrées, s'agrémente de chapiteaux en consoles aux moulures hindoues ; parfois cruciformes, ils rappellent d'assez près les chapiteaux des cavernes bouddhiques et brahmaniques des époques anciennes ; quelques-uns sont ornés de silhouettes du monstre marin appelé makara. Le chapiteau du pilier central du Diwan i-Khas s'inspire clairement du style du Gwālior contemporain. De même, les arcs polylobés réunissant certains piliers entre eux, ainsi que les parapets, sont d'un pur style hindou et les bases de colonnes portent souvent le motif de la lucarne bouddhique (gavaksha ou kudu), repris par le répertoire plastique hindou. Enfin, certains pilastres sont décorés de rinceaux dont l'origine indienne incontestable se réfère à des styles chronologiquement très antérieurs.
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