Province iranienne s'étendant sur 120 005 kilomètres carrés et peuplée de 3 817 000 habitants (recensement de 1996,estimation de 4 300 000 hab. au milieu des années 2000), le Fārs est l'antique Perside, berceau des dynasties achéménide et sassanide, dont le dialecte (fārsī) fut d'abord la langue littéraire, puis la lingua franca de vastes régions musulmanes avant de devenir la langue officielle de l'Iran. Située à l'écart des champs pétrolifères du Khouzistan, cet ancien « foyer de l'unité iranienne » a évolué, malgré des efforts de modernisation, en marge des grands changements apportés par l'impressionnant « décollage » économique du pays avant la révolution islamique. La découverte de gisements de pétrole et de gaz naturel a cependant stimulé le développement industriel de la région.
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Iran Carte politique de l'Iran
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Morphologiquement, la région est constituée d'un vaste ensemble montagneux, dont la partie nord appartient au charriage principal du Zagros (Main Zagros Thrust) ; dans la partie sud, la chaîne s'abaisse et se morcelle vers Chīrāz ; les chaînons s'étalent et divergent, laissant la place à de vastes plaines-oasis et à de grands lacs intérieurs. Lieu de transit entre le golfe Persique et l'Iran central, cette région hautement favorable à la vie sédentaire (culture pluviale, et non pas irriguée comme ailleurs en Iran, associée à l'utilisation des hauts pâturages ; liaisons faciles avec l'intérieur favorisant l'implantation urbaine) est cependant devenue, par suite des circonstances historiques, une des régions du globe où le problème des contacts entre nomades et sédentaires, et même entre nomades et forces gouvernementales, s'est trouvé posé avec beaucoup d'acuité, comme en témoignent notamment les tentatives de sédentarisation des Bakhtiyārī et des Qashqai dans les alpages du Nord (Sardsir) ou dans les plaines d'hivernage voisines du golfe Persique (Garmsir).
Ayant joué très tôt un rôle politique, la région abonde en sites archéologiques, dont les plus connus sont ceux de Pasargad et Persépolis (capitales achéménides), Istakhr (métropole religieuse sassanide) et Chīrāz (capitale éphémère des Zand au xviiie s.). Le Fārs méridional fut autrefois prospère (sites archéologiques de Firūz Ābād, Bishāpūr, Sarvestān, etc. ; villes-oasis : Kāzarūn, Lār, Fasā et, surtout, port de Sirāf développés au début de l'époque islamique). La région joua un rôle considérable tant dans l'élaboration et la diffusion de la culture islamique traditionnelle que comme foyer d'art iranien (lettres, architecture, sculpture, peinture, tapis, école de bronziers).
Jean CALMARD
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