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FANTÔMAS

Créé en 1911 par Pierre Souvestre et Marcel Allain, lancé à grand renfort de publicité par l'éditeur Fayard, Fantômas, gigantesque cycle romanesque de trente-deux volumes, connaît un fabuleux succès jusqu'à la guerre de 1914. Fantômas, bandit sans visage, accumule les crimes monstrueux et lance des défis à la police, représentée par l'inspecteur Juve. Flanqué du journaliste Jérôme Fandor et de sa fiancée Hélène, Juve tente, sans jamais y parvenir, de capturer le diabolique criminel, lequel lui échappe toujours au dernier moment.

Le cinéma vient au secours du succès : en 1913, Louis Feuillade porte à l'écran cinq épisodes de la saga, qui seront largement diffusés dans le monde entier. Puis le groupe surréaliste s'enthousiasme pour l'écriture automatique de la série (pressés par le temps, les auteurs dictaient chaque volume en trois jours) et la diffuse dans les milieux intellectuels. Apollinaire, Cendrars, Desnos, Aragon, Artaud comptent parmi ses fanatiques. Queneau lui-même consacrera, dans Bâtons, chiffres et lettres, une savoureuse étude aux forfaits de Fantômas.

On a souvent moqué le symbolisme manichéen de cette lutte interminable entre le Bien et le Mal, mais l'œuvre, naïvement extravagante, catalyse à la veille de la Grande Guerre une angoisse collective. Même si, aujourd'hui, on peut considérer comme ridicule cette accumulation de péripéties incohérentes, on doit admettre que Fantômas dégage un charme désuet et constitue le chaînon manquant entre le feuilleton rocambolesque et l'actuel roman policier.

Michel LEBRUN

Pour citer cet article

Michel LEBRUN, « FANTÔMAS  », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le  . URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/fantomas/

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