3. Le fantastique dans la littérature
Une première approximation désigne comme littérature fantastique tout écrit qui présente des êtres ou des phénomènes surnaturels, à l'exclusion toutefois des divinités ou des intercesseurs qui sont objets de foi et de culte. Mythes et cosmogonies, livres sacrés, vies et miracles des saints, même si le surnaturel en constitue à la fois le milieu et le ressort, ne peuvent passer pour littérature fantastique : ils sont ou ont été objets de croyance et à leur contenu correspondent prières, clergé, cérémonies, expiations, etc. Le fantastique est un domaine intermédiaire, qui exclut également les fables où les animaux parlent, les allégories où, par exemple, vices, vertus ou entités de toutes sortes sont personnifiés, ainsi que chaque récit dont le caractère rhétorique, conventionnel ou didactique répond à une intention évidente de l'auteur. Il n'en reste pas moins un vaste domaine qui comprend deux grands genres traditionnels : les contes de fées et les histoires de fantômes, auxquels est venue s'ajouter récemment une troisième espèce, communément appelée « science-fiction ».
Il convient de définir l'originalité et, si possible, la généalogie de ces trois manières, qui coexistent et s'excluent à la fois.
• Féerique et fantastique
Le féerique est un univers merveilleux qui s'ajoute au monde réel sans lui porter atteinte ni en détruire la cohérence. Le fantastique, au contraire, manifeste un scandale, une déchirure, une irruption insolite, presque insupportable dans le monde réel. Autrement dit, le monde féerique et le monde réel se juxtaposent sans heurt ni conflit. Certes, ils obéissent à des lois différentes. Les êtres qui les habitent sont loin de disposer de pouvoirs identiques. Les uns sont tout-puissants, les autres quasi désarmés. Mais ils se rencontrent presque sans surprise et assurément sans autre effroi que celui, très naturel, qui saisit le chétif devant le colosse. C'est qu'un homme courageux peut combattre et vaincre un dragon c […]
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