2. La théorie du mariage
La perspective adoptée dans la théorie économique du mariage, qui s'applique plutôt d'ailleurs à la mise en couple qu'à l'institution du mariage en elle-même, est la même que dans la théorie économique en général : les décisions en matière de mariage comme de divorce sont celles prises par des individus rationnels qui vont adopter, sur un « marché » du mariage, un comportement similaire à celui qu'ils ont sur le marché du travail, par exemple. Aucun économiste ne prétend, bien entendu, que les aspects économiques sont les seuls, ni même les principaux éléments intervenant sur le marché du mariage. Mais, même dans le domaine du mariage et du divorce, les apports des économistes sont loin d'être négligeables et ont été intégrés, non seulement dans d'autres champs disciplinaires, comme la sociologie, mais également dans des aspects de la vie quotidienne, comme les décisions de justice en matière de divorce.
• Les raisons économiques du mariage
Yoram Weiss (1997) relève que, d'un point de vue économique, on peut considérer le mariage (ou, plus généralement, la vie en couple) comme un partenariat visant à réaliser à la fois une consommation et une production jointes. La plus importante et la plus universellement reconnue de ces productions est, bien entendu, la mise au monde et l'éducation des enfants. Mais on peut avancer trois autres avantages liés à la vie en couple :
– La division du travail, qui permet de bénéficier d'économies d'échelle et d'exploiter des avantages comparatifs. C'était l'un des principaux avantages de la famille mis en avant par Becker (1981), qui se fonde sur la répartition des tâches de la famille traditionnelle dans laquelle seul le mari se porte sur le marché du travail, tandis que la femme reste au foyer. Avec la généralisation de l'activité des femmes mariées, cet argument a évidemment perdu en pertinence, même si, aujourd'hui, les familles continuent de mettre en œuvre une version atténuée des avantages comparatifs dans laquelle les femmes tendent à investir plus de temps dans la famille, tandis que les hommes s'investissent plus int […]
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