5. La faïence moderne
Au xixe siècle, les circonstances économiques devinrent de plus en plus défavorables à l'art de la faïence qui ne répondait pas aux goûts et aux besoins des sociétés modernes attachées aux perfectionnements techniques. Avant la fin du xviiie siècle, les procédés de décor par impression (report direct d'une épreuve imprimée avec des matières se fixant par l'action du feu), introduits d'abord en Angleterre et au Danemark, avaient ouvert la voie à la fabrication mécanique. L'intérêt pour les arts d'Extrême-Orient, particulièrement marqué dans l'art céramique, la connaissance des poteries chinoises des hautes époques devaient orienter les recherches des potiers européens du xixe siècle plutôt vers les céramiques dures, tels les grès et les porcelaines, que vers la faïence. Mais, d'autre part, l'émail stannifère attirait les peintres, surtout les peintres français ; Odilon Redon, Renoir, Maurice Denis, Rouault décorèrent des faïences dans l'atelier du sculpteur-céramiste André Methey à Asnières. Cette « faïence de peintres », révélée au salon d'automne de 1907, a conservé la faveur de Pablo Picasso et de ses imitateurs, tandis que les traditions artisanales survivent dans diverses régions.
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