3. La majolique italienne
En Sicile et en Italie, comme en Espagne, l'art de la faïence à ses débuts est tributaire des civilisations du Proche-Orient et du Moyen-Orient. Les nombreux tessons à décor vert et violet trouvés à Orvieto et en maints autres lieux s'apparentent à ceux de Paterna, près de Valence, et peuvent également dater des xiiie et xive siècles.
La majolique italienne, faïence décorée au grand feu, devint à la Renaissance un produit de luxe, Florence, patrie des Della Robbia, et Faenza, sous le règne des Manfredi, furent les deux premiers centres créateurs. Dès le début du xvie siècle, l'apogée était atteint ; il y avait alors à Faenza plusieurs fabriques renommées, notamment celle des Bergantini et celle des frères Piroti, la célèbre Casa Pirota. On leur doit des tableaux sur faïence d'une extraordinaire habileté (décor a istoriato), parfois peints sur un fond d'émail délicatement teinté en bleu au cobalt, dit a berettino.
Les artisans de Faenza s'installèrent à Forli, à Ravenne, Rimini et Pesaro. À Sienne était établi, vers 1503, un Maestro Benedetto de Faenza. À Cafaggiolo, près de Florence, Pierre Médicis avait installé une faïencerie dans son propre château, et, en 1506, elle était dirigée par les frères Pietro et Stephano Fattorini, venus de Montelupo. La fabrique de Deruta, en activité au xve siècle, et celle de Gubbio se firent une spécialité des faïences lustrées à l'instar de celles d'Espagne. À Gubbio, Maestro Giorgio Andreoli dut son succès à la possession d'un procédé de lustre métallique rouge rubis qui pouvait s'appliquer sur des majoliques peintes dans d'autres fabriques. Dès 1510-1520, les peintres de Casteldurante, Giovani Maria et Nicola Pellipario rivalisaient avec ceux de Faenza dans l'exécution de somptueux services destinés aux cours princières. À Urbino, de nombreux peintres sur faïence, dont le prolifique Xanto Avelli, qui a signé des majoliques entre 1530 et 1542, reproduisirent sur des vaisselles de luxe les compositions célèbres de Raphaël et de ses émules, déjà popularis […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 6 pages…



