2. Le monde islamique : Moyen-Orient et Espagne
On s'accorde en général à attribuer aux Babyloniens l'invention d'un enduit opacifié par l'oxyde d'étain que les Perses adaptèrent au décor architectural dans les grandes frises de briques émaillées des palais de Suse et de Persépolis vers 550 avant notre ère.
Les civilisations musulmanes donnèrent un grand essor à l'art céramique. En Mésopotamie, aux ixe et xe siècles, sous les Abbassides, héritiers des Perses, l'usage de l'émail stannifère et du lustre métallique s'était établi ; les trouvailles faites à Samarra et à Rakka en témoignent. Les champs de fouilles de Fostat et de Beni-Hassan, en Égypte, ont aussi livré des poteries lustrées de qualité datant de l'époque des Fatimides (969-1171), mais elles sont plus souvent de texture siliceuse blanchâtre qu'à émail stannifère. Aux xiie et xiiie siècles apparurent des techniques plus élaborées ; les premières peintures de tableaux animés sur émail stannifère, scènes de chasse ou illustration des légendes, s'inspirent des miniatures contemporaines et sont peut-être l'œuvre des mêmes artistes. L'emploi d'une palette vive rehaussée d'or implique la connaissance des procédés de cuisson au petit feu. Les meilleures faïences de ce genre dit mina'i (de l'anglais enamel, émail) ont été trouvées en Perse, à Sava, à Kashan et surtout à Rayy.
L'expansion islamique en Afrique du Nord et en Espagne favorisa l'immigration dans ces pays de nombreux artisans venus d'Iran et de l'est de la Méditerranée. Les fouilles faites dans la région de Valence, à Paterna principalement, ont livré non seulement de nombreux tessons de faïence à décor vert et violet, mais aussi des restes de fours prouvant l'existence d'un centre de fabrication important dès le xiiie siècle. On signale aussi la présence en Espagne du Sud de poteries à lustre métallique dont quelques fragments ont été trouvés dans la région de Cordoue, à Medina az-Zahra, la cité fondée en 936 par Abd er-R […]
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