La ville de Rouen se glorifie d'avoir abrité le premier grand maître faïencier français Masséot Abaquesne qui y est cité dès 1526 comme habitant de la paroisse Saint-Vincent. Il dirigeait une importante entreprise sise rue d'Elbeuf, au faubourg Saint-Sever qui restera le quartier des potiers. À partir du milieu du xviie siècle, on peut suivre la progression croissante de l'industrie faïencière rouennaise à la suite du privilège accordé en 1644 à Nicolas Poirel, sieur de Grandval, affermé à Edme Poterat et enregistré en 1648 par le Parlement de Rouen. Le fils aîné de Poterat, Michel, obtient un autre privilège en 1673 et ouvre une seconde fabrique dans le même quartier, au carrefour Bonne-Nouvelle. C'est lui qui a composé la première pâte de porcelaine tendre française sans kaolin, mais épuisé par ces expériences, il meurt jeune en 1696. En 1717, six nouvelles fabriques sont déjà installées à Rouen (Fouquay, Guillibaud, Caussy, entre autres). D'après le rôle de la capitation, en 1722, on en compte au moins treize, de sorte qu'il faudra établir une réglementation pour prévenir une pénurie de bois de chauffage. L'activité des faïenceries rouennaises se maintient […]
