8. Vers une théorie générale des crises biologiques ?
Le regain d'intérêt pour les grandes extinctions et le débat concernant leur origine ont conduit à rechercher des phénomènes récurrents qui pourraient expliquer ces crises biologiques. Dans les années 1980, les paléontologues américains David Raup et John Sepkoski établirent des bases de données permettant de quantifier les taux d'extinctions des genres d'animaux marins au cours des temps géologiques. Les cinq grandes extinctions en masse évoquées ressortent nettement de ces diagrammes (fig. 2), mais un certain nombre de « pics » de moindre ampleur sont intercalés entre les grandes crises. Ces faits ont mené certains paléontologues à l'idée d'une périodicité des extinctions en masse avec des cycles dont la durée fut estimée à une trentaine de millions d'années.
Le débat sur la cause extra-terrestre de l'extinction en masse de la fin du Crétacé faisait alors rage et certains chercheurs suggérèrent des mécanismes astronomiques susceptibles de soumettre la Terre à un bombardement météoritique à intervalles réguliers (effets gravitationnels d'une étoile non encore détectée, notamment). L'intérêt porté à ces spéculations a aujourd'hui beaucoup faibli, principalement parce que la périodicité supposée n'a pas résisté à un examen détaillé des données paléontologiques : par leur ampleur réelle, beaucoup des crises supposées n'ont en fait rien d'une extinction en masse et les cycles invoqués relèvent plus d'artifices statistiques que de la réalité.
Si cette approche est aujourd'hui quelque peu abandonnée, on peut néanmoins se demander si les cinq grandes extinctions en masse généralement reconnues – et, éventuellement, quelques crises de moindre ampleur – ne pourraient avoir des causes communes.
Selon Courtillot, la cause principale des extinctions en masse serait les grands épanchements basaltiques qui se sont produits à diverses époques de l'histoire de la Terre. Ces épisodes volcaniques auraient eu sur l'environnement global d […]
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