5. La grande crise de la limite Permien-Trias
On s'accorde aujourd'hui à considérer que la plus sévère des grandes extinctions fut celle de la limite Permien-Trias, il y a environ 250 millions d'années, qui aurait anéanti près de 95 p. 100 des espèces vivantes. Parmi les animaux marins qui disparurent alors figurent des groupes qui avaient été très abondants au Paléozoïque, comme les trilobites (arthropodes marins). Les organismes constructeurs de récifs furent aussi très affectés avec l'extermination de plusieurs types de coraux. Certains groupes échappèrent de justesse à l'extinction grâce à la survie d'un petit nombre d'espèces : c'est le cas, notamment, des échinodermes et des ammonoïdes. Parmi les organismes unicellulaires, les foraminifères furent fortement touchés. Sur les continents, 60 p. 100 des familles de tétrapodes terrestres semblent avoir disparu. La diversité des reptiles chuta fortement, avec, par exemple, la disparition de tous les grands herbivores. Les écosystèmes du début du Trias paraissent très appauvris par rapport à ceux de la fin du Permien. Il faudra un certain temps pour que se reconstitue la biodiversité, avec des faunes et des flores bien différentes de celles du Paléozoïque.
Pour expliquer cette crise marquant la frontière entre le Paléozoïque et le Mésozoïque, on a fait appel à la paléogéographie : les continents constituaient à cette époque un bloc unique, la Pangée, ce qui aurait donné lieu à des climats au caractère continental très marqué, cause éventuelle d'extinctions. La très forte baisse du niveau des mers caractérisant cette période pourrait aussi, selon certains auteurs, être un facteur plausible de la disparition d'espèces. Enfin, à cette période, de vastes épanchements basaltiques se produisirent en Sibérie, ce qui expliquerait, pour les tenants de la thèse du volcanisme, cette extinction en masse. Le paléontologue américain Douglas Erwin a proposé, dans les années 1990, un scénario combinant plusieurs facteurs : une régression […]
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