2. Le concept d'extinction en masse
Dans la conception néo-darwinienne, les disparitions d'espèces font partie du cours naturel de l'évolution. Les espèces s'éteignent victimes de la concurrence d'autres espèces ou parce qu'elles ne peuvent pas s'adapter à des changements trop profonds ou trop brusques de leur environnement. Des extinctions se produisent donc constamment, provoquant un « bruit de fond » auquel viennent s'ajouter, à intervalles apparemment irréguliers, les grandes crises biologiques que l'on qualifie d'extinctions en masse.
Comment définir une extinction en masse ? Bien entendu, celle-ci fait disparaître de nombreuses espèces mais d'autres critères entrent en jeu. Il doit s'agir d'un événement observé à l'échelle mondiale : une vague d'extinctions qui ne frappe qu'un continent (et on en connaît des exemples) ne constitue pas une extinction en masse. En outre, les victimes appartiennent généralement à des groupes variés vivant dans des écosystèmes très divers. C'est ainsi que disparurent simultanément, il y a 65 millions d'années, les dinosaures – vertébrés terrestres – et les ammonites – invertébrés marins. Enfin, les extinctions en masse se produisent dans un laps de temps bref à l'échelle géologique. La durée exacte de ces périodes reste toujours difficile à établir du fait de la résolution insuffisante des méthodes de datation. Si certaines de ces extinctions en masse sont bien dues à des impacts météoritiques, il faut envisager des temps extrêmement courts, de l'ordre de quelques années.
Ces critères ne possèdent sans doute pas toute la rigueur souhaitée mais ils permettent cependant de séparer les grands événements – que l'on peut qualifier de catastrophiques et qui ont réellement influé l'histoire de la biosphère – des crises plus locales ou moins sévères dont les effets furent beaucoup plus limités.
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