11. La complexité de l'extinction des espèces
Un examen attentif des disparitions actuelles montre que ce phénomène n'est pas si simple que cela et fait intervenir divers facteurs qui ne relèvent pas des seuls critères biologiques.
Jusqu'à présent, la notion d'extinction d'une espèce reposait principalement sur une analyse scientifique du phénomène fondée classiquement sur deux principes. Le premier est la petite taille des populations et son effet sur la survie des espèces. Ainsi, lorsque la population franchit un certain seuil minimum, elle s'éteint inévitablement. Ce principe est à la base de la biologie de la conservation des années 1980, les livres de l'Américain Michael E. Soulé ayant largement contribué à sa popularisation. Le second principe repose sur l'analyse des causes probables de la réduction des populations, ce qui permet de développer des mesures rationnelles afin d'éviter ce phénomène. Apparu un peu plus tard, il s'est développé en parallèle avec le précédent.
Le premier principe se prête aisément à la théorisation (par exemple, par l'usage de modèles pour prédire l'évolution des populations ou pour évaluer la taille des habitats à conserver) mais pas le second, du fait de la trop grande variété des causes de la réduction des populations. Ces deux principes permettent d'évaluer le risque d'extinction. L'U.I.C.N. (Union internationale pour la conservation de la nature) l'utilise pour établir ses fameuses listes rouges d'espèces menacées.
• Typologie des extinctions
En 2008, deux chercheurs britanniques, Richard J. Ladle et Paul C. Jepson, après avoir analysé diverses disparitions actuelles, ont proposé de classer les extinctions en six catégories afin de mieux les définir. Cette typologie permet de comprendre la diversité des situations mais aussi le lien qui unit l'analyse scientifique de l'extinction à sa perception sociale.
Le premier type, qualifié d'extinction linnéenne, est fondé sur l'évaluation du nombre total d'espèces, d'où la référence à Carl von Linné, le père de la taxinomie et de la nomenclature binominale. Le volume des extinctions linnéennes est extrapolé à partir du nombre d'espè […]
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