10. Vers une sixième extinction en masse ?
La dernière extinction en masse généralement reconnue comme telle est celle de la limite Crétacé-Tertiaire, il y a 65 millions d'années. Mais, selon certains scientifiques, nous serions en train d'en vivre une nouvelle, provoquée cette fois par les activités humaines qui, au cours des siècles, ont fait disparaître, directement ou indirectement, de nombreuses espèces. Certaines, comme le dodo de l'île Maurice, exterminé sans doute vers la fin du xviie siècle, sont devenues célèbres et constituent des symboles de la crise biologique causée par l'homme. Beaucoup d'autres ne sont connues que des spécialistes. Mais, il ne fait guère de doute que leur nombre, déjà élevé, risque fort d'augmenter dans l'avenir.
Peut-on pour autant parler d'extinction en masse ? Les grandes crises biologiques du passé, quelles que soient les causes qu'on leur attribue, sont très vraisemblablement liées à des changements globaux de l'environnement physico-chimique de la planète. Cette nouvelle vague d'extinctions est différente car les disparitions sont dues aux activités d'une espèce animale particulière, Homo sapiens. Les exterminations – volontaires ou non, directes ou indirectes – se font espèce par espèce, soit par prédation directe (ou introduction de prédateurs), soit par destruction du biotope. Le phénomène paraît donc assez différent de ceux que l'on peut associer aux grandes extinctions du passé. Il se peut cependant que les effets de l'activité humaine finissent par modifier l'environnement terrestre sur une telle échelle que les extinctions ainsi provoquées deviennent comparables à celles constatées lors des grandes crises biologiques précédentes. Selon certaines études, un réchauffement climatique global et rapide engendré par l'action de l'homme pourrait, par exemple, avoir des effets sur les espèces vivantes à l'échelle mondiale.
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