Afin de rouvrir, par le Bosphore et la mer Noire, des communications faciles avec la Russie, les Britanniques (sous l'impulsion de Winston Churchill) ont imaginé, dès la fin de 1914, de porter un coup décisif à Constantinople. Il leur faut d'abord forcer le détroit des Dardanelles par une opération navale à laquelle la France accepte de participer. Malheureusement cette opération, décidée en janvier 1915 et à laquelle la surprise aurait peut-être valu le succès, ne s'effectue que le 18 mars après une longue période de bombardements et de dragage de mines. Elle échoue avec de lourdes pertes : sur onze cuirassés alliés engagés, trois sont coulés (dont le Bouvet) et quatre gravement endommagés (dont le Suffren et le Gaulois).
Les Alliés décident alors de reprendre l'opération sous forme terrestre à la faveur d'une diversion française à Koum-Kalé, sur la rive asiatique ; le corps expéditionnaire du général Hamilton (dix divisions britanniques et deux françaises) débarque le 25 avril à Sabd ul-Bahr, au sud de la presqu'île de Gallipoli. Mais la Ve armée turque, commandée par le général allemand Liman von Sanders, l'immobilise dès le 28 avri […]
