Acte liturgique exprimant que la vie chrétienne est un combat contre les puissances du mal et célébrant la victoire du Christ sur le péché. Les exorcismes sont employés d'abord, selon un usage très ancien, dans les célébrations jalonnant le cheminement des catéchumènes vers le baptême, que la liturgie présente comme une lutte contre le péché. Saint Jean Chrysostome dit à ce propos : « Dans les combats olympiques, l'arbitre se tient au milieu des deux adversaires sans en favoriser aucun [...]. Dans le combat qui nous oppose au Diable, le Christ ne se tient pas dans l'entre-deux, il est tout entier nôtre [...] : quand nous sommes entrés en lice, il nous a oints, tandis qu'il a enchaîné l'autre. » Le rite consiste habituellement dans une imposition des mains, à laquelle se joint parfois une onction d'huile, symbole de l'agilité dans le combat, ou une insufflation, selon l'image biblique du souffle de Dieu évoquant son Esprit. Les formulaires actuels s'adressent au Seigneur, alors que les anciens étaient des adjurations au Démon. Plus tard, des exorcismes ont été introduits dans des bénédictions d'éléments naturels : les choses de ce monde peuvent servir au bien comme au mal, car toute réalité terrestre est ambiguë ; l'Église affirme par là les choix qui, dans leur usage, s'imposent aux chrétiens. A cause de la similitude du cérémonial, le même mot a été employé, à une époque plus récente et avec une signification toute différente, pour les rites et formules employés dans les cas d'obsession et de possession diabolique extraordinaires. Ces exorcismes sont réservés par le droit ecclésiastique à des prêtres désignés par l'évêque. Cet usage et sa pertinence renvoient au problème même de la possession.
Robert CABIÉ
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