3. Vérifier et certifier
Mais l'histoire des examens et des concours témoigne d'autres interrogations. Elles portent sur la double fonction de ces épreuves : vérifier et certifier.
Et d'abord qui a compétence et légitimité pour certifier ? À l'égard du monopole de l'État sur les qualifications et les grades, les sentiments sont aujourd'hui marqués d'ambivalence. « Toujours autant d'État » : les citoyens souhaitent être garantis contre les incompétences, les supercheries, les passe-droits. Le maintien du baccalauréat comme « certification » nationale, en dépit de toutes les critiques dont il est l'objet comme examen, correspond à cette attente d'un traitement réputé égalitaire. « Désormais moins d'État » exprime le désir de ces mêmes citoyens de voir s'assouplir les contraintes bureaucratiques qui paralysent les capacités d'entreprendre : toute qualification doit-elle passer par la rédaction centralisée d'un « référentiel de compétences » sanctionnées par un examen officiel ?
Par ailleurs, à l'heure de l'ouverture à l'Europe, la mobilité souhaitée des étudiants, voire des lycéens, des collégiens ou des écoliers, oblige à penser des modalités d'évaluation « eurocompatibles » : le système des « unités capitalisables » ou la restructuration des grades universitaires (L.M.D. : licence, maîtrise, doctorat) témoignent de ces tentatives, mais tout autant, de leurs difficultés de mise en œuvre.
Enfin – l'histoire des examens et des concours en témoigne – se pose de façon permanente la double question de ce que vérifient les épreuves, et de la validité des moyens utilisés pour cette vérification. L'excellence d'une dissertation au concours du C.A.P.E.S. permet-elle de préjuger des capacités d'un(e) candidat(e) à tenir une classe ? Le système de notation par la moyenne générale et les coefficients, utilisé au baccalauréat, n'offre-t-il pas aux candidats rusés les moyens de faire l'impasse sur les disciplines qui ne les motivent pas ? Comment équilibrer le contrôle continu, dont la pression constante accentue le bachotage, et l'examen final, qui risque de confier au hasard la sanction des études ? Comment prendre en compte, en particulier dans la formation des adultes, les acquis de l'expérience et les valider ? Comment pondérer les écarts subjectifs de notation entre les examinateurs d'une même épreuve, en particulier quand cette dernière est à l'échelle d'une académie, voire de la nation ? À toutes ces questions, comme à bien d'autres, des réponses ont été tentées, jamais totalement satisfaisantes. Mais c'est déjà beaucoup qu'elles aient été posées et continuent de l'être. L'efficacité le demande. L'équité l'exige.
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