2. Organisation économique et sociale
Les Éwé sont agriculteurs, cultivant principalement le maïs et les ignames. La pêche, en mer et dans les lagunes, est une industrie organisée par les « compagnies de pêche » qui font travailler des ouvriers spécialisés : à la fin de la saison, les profits sont partagés entre tous les équipiers, une plus grande part allant aux propriétaires des pirogues et des filets. L'extraction du sel est importante, dans les lagunes.
La culture matérielle des Éwé est influencée par celle de leurs voisins : les produits du tissage, les tambours, les tabourets ressemblent à ceux des Ashanti ; on y distingue aussi des influences orientales (Fon et Yoruba). À Keta (Ghana), en pays éwé, le tissage est une industrie prospère ; des vêtements de cérémonie portés au Ghana et au Togo y sont fabriqués. Le coton, local et importé, est teint au moyen de l'écorce de certains arbres. Dans les villes de la côte, on travaille l'or et l'argent. De nombreux marchés stimulent les échanges, certains revendeurs sont des professionnels. À la fin du xixe siècle, des coquillages, les cauris, servaient de monnaie.
Les Éwé sont groupés en patrilignages exogames se segmentant perpétuellement en unités indépendantes. Les fonctions politiques sont l'apanage de certains lignages, qui de ce fait gardent le souvenir d'ancêtres plus lointains, et dont les segments restent unis. Le chef de lignage est l'intermédiaire entre vivants et ancêtres, symbolisés par leurs tabourets.
Les droits de propriété sont lignagers ou personnels ; les premiers portent sur la terre, les palmeraies, les maisons, les bijoux, la poudre d'or ; les seconds sur les produits du travail individuel. Les villes et villages sont des groupements de lignages entre lesquels les mariages sont encouragés.
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