Écrivain russe d'origine noble, Baratynski, élève au corps des pages, se compromet dans une affaire scabreuse, et il en est exclu en 1818. Lié à Pouchkine et à Delvig, il fréquente les salons littéraires pétersbourgeois. Envoyé comme sous-officier en Finlande, il y compose des élégies (l'austérité des paysages nordiques tranche sur l'exotisme oriental alors à la mode) et un poème, Éda (histoire d'une paysanne séduite par un hussard), qui contraste par sa simplicité prosaïque et la profondeur de la psychologie avec les conventions sentimentalistes ou romantiques. Libéré de toute obligation en 1826, il s'installe à Moscou, se lie avec Kireïevski, Khomiakov, Tchaadaïev et publie ses vers dans diverses revues. Baratynski s'efforce, comme Pouchkine, de libérer la poésie des clichés romanesques. Ses poèmes Le Bal, La Concubine (Naložnica, 1831) sont accueillis par l'incompréhension, voire l'hostilité du public : on lui reproche un sujet terre à terre, des images vulgaires, des grossièretés de langage. Dans sa préface à La Concubine, Baratynski plaide pour l'affranchissement de la littérature des tutelles extérieures et des préjugés, comme l […]
