Les trois premiers des quatre évangiles, ceux de Matthieu, de Marc et de Luc, ont tant de ressemblances entre eux que certains éditeurs ont mis les trois textes côte à côte pour faire apparaître au seul coup d'œil — d'où le terme de « synopse » — ces similitudes, ainsi que les différences éventuelles. La tradition chrétienne a respecté ces trois textes sans chercher à les fusionner et les a intégrés dans son canon des Écritures en les y juxtaposant.
Pour rendre compte de cette triple tradition, les exégètes ont d'abord cherché si l'une des trois versions était plus ancienne que les autres. Ainsi en est-il de celle de Marc, dont le texte est le plus court et ne contient que des récits très résumés. L'auteur y a retenu certains actes de Jésus qui lui paraissaient signifier sa filiation divine, sans rapporter beaucoup de ses paroles. Le récit de la « Tentation » (Marc, i, 12-13), par exemple, est d'une très grande brièveté : il est présenté comme un tableau destiné à fixer dans la mémoire une histoire bien connue du public auquel elle s'adresse. Chaque terme (désert, quarante jours, Satan, bêtes sauvages, anges) est lourd d'allusions et se présente comme un résumé de […]
