2. Causes de l'eustatisme
Il n'y a pas si longtemps, on pensait encore que le niveau de la mer pouvait être assimilé à un plan à peu près immobile, et servir de base à toute donnée géodésique ou topographique. Il est admis au contraire maintenant que, sur une Terre dynamique connaissant des séismes, l'érosion, la sédimentation, les variations climatiques, etc., la possibilité d'un niveau marin fixe n'est concevable qu'à une faible échelle de temps. Le principe de l'eustatisme peut donc être considéré comme une loi fondamentale de la géologie, à savoir que « le niveau moyen de la mer n'est pas constant dans le temps, mais oscille en fonction d'influences séculaires et cycliques diverses ».
Ces oscillations traduisent les interactions de phénomènes multiples mais qui se ramènent en fait à trois types principaux : le tectono-eustatisme, le sédimento-eustatisme, le glacio-eustatisme.
• Tectono-eustatisme
Cette forme d'eustatisme suppose un volume d'eau constant dans l'océan mondial, mais avec des changements dans la morphologie des bassins.
Ce phénomène a été reconnu d'abord (bien avant d'avoir un nom) par Charles Darwin, après que ce dernier eut examiné un grand nombre d'atolls du Pacifique central et qu'il en eut déduit que le bassin central de l'océan s'enfonçait lentement par le jeu de mécanismes géologiques, permettant aux ceintures de corail de grandir sur les « chicots » submergés d'anciens volcans. La thèse de Darwin n'est pas la seule manière d'expliquer la croissance des atolls. Par exemple, le développement du noyau ferreux de la Terre implique un lent transfert de masse des zones externes vers les zones internes, d'où une variation du moment d'inertie de la planète par rapport à son axe de rotation et, de là, une augmentation de la vitesse angulaire. Cette augmentation provoquerait une montée du niveau marin à l'équateur, sensible à l'échelle du siècle, compensée par une baisse du niveau aux pôles et par l'isostasie. Ce phénomène ne serait pas eustatique (c'est-à-dire à l'échelle planétaire) mais régional, et on pourrait le qualifier plutôt de « géodésique » ou « géoïdal », étant donné qu'il concerne la […]
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