L'Europe n'est pas un continent au sens strict du terme. Simple péninsule de l'Asie, ses limites orientales restent indéfinies, et sa morphologie extrêmement découpée par les mers et les chaînes montagneuses a suscité à la fois ses multiples cloisonnements et ses besoins d'échange. Quant aux peuples qui l'habitent, ils constituent un ensemble d'une grande diversité sur les plans linguistique, culturel, politique et religieux. Depuis la disparition de l'Empire romain et, plus encore, de l'Empire carolingien, le rêve de construire une forme d'unité politique a hanté les Européens. Ce rêve s'est à plusieurs reprises transformé en cauchemar pour les peuples et nations d'Europe, enrégimentés dans des guerres de conquêtes ou contraints à la révolte pour défendre leurs libertés face à la grande puissance impériale du moment. Il a pris aujourd'hui une forme enfin pacifiée avec la construction européenne (cf. union européenne), qui a débuté au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Pendant quarante ans, la Communauté européenne a tenté de s'affirmer face aux géants américain et soviétique. Depuis la chute du Mur de Berlin, la donne a changé, l'Union ne cesse de s'agrandir sans pour autant parvenir à s'imposer sur la scène internationale comme un ensemble politique uni. Le Vieux Continent, qui a longtemps prétendu imposer au « reste » du monde ce qu'il tenait pour le meilleur de lui-même – sa foi, son commerce, ses armes et ses lois, ce que de mauvais sujets ont appelé l'impérialisme occidental –, est aujourd'hui renvoyé aux réalités cruelles d'un monde qu'il a activement contribué à désenchanter.
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