1. Du Paléolithique au Mésolithique
• Les premiers peuplements
Jusqu'au début des années 1990, deux hypothèses s'opposaient sur la question du premier peuplement de l'Europe. Selon la première, il se situe aux alentours de 600 000 à 550 000 ans, subcontemporains de la présence sur ce continent de l'Acheuléen (période du Paléolithique inférieur caractérisée par la fabrication d'outils taillés sur les deux faces, appelés bifaces). Les traces plus anciennes étaient, selon les tenants de cette hypothèse, trop sporadiques et très discutables. Selon la seconde hypothèse, l'Europe aurait été peuplée il y a un million d'années ou plus. Les données archéologiques analysées étaient alors exclusivement des vestiges lithiques mis au jour sur des sites dont certains aspects (dynamique de formation des niveaux sédimentaires livrant les vestiges, incertitudes sur les datations chronologiques, discussions sur le caractère intentionnel de la taille) n'étaient pas ou peu pris en considération.
Depuis lors, de nouvelles découvertes ont confirmé la seconde hypothèse. Les données sont de type paléoanthropologique (fossiles d'homininés) et archéologique (objets lithiques et traces anthropiques sur des ossements de faune chassée ou « charognée »).
Aux portes de l'Europe
Il y a 1,8 million d'années, des homininés ont vécu aux marges de l'actuel continent européen, à Dmanisi, en Géorgie. Le gisement témoin se situe sur les flancs méridionaux des monts du Caucase et a livré une série de vestiges osseux (crâniens et infracrâniens) de plusieurs individus. Ces fossiles sont difficiles à rapporter à un taxon déjà défini en Afrique ou en Extrême-Orient. Ils montrent une grande variabilité morphologique et probablement un important dimorphisme sexuel. Le nom d'espèce Homo georgicus a été proposé. Mais cette idée n'est pas consensuelle, certains préférant les dénommer early Homo. Si des caractéristiques paraissent assez primitives et voisines de celles d'Homo ergaster, une des mandibules, avec son arcade dentaire complète, s'inscrit assez bien au sein de la variabilité de fossiles plus récents, tels l'Homo sapiens archaïque.
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