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EURIPIDE (~480 env.-~406)

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3.  Euripide en son temps

Mais ce sont aussi des problèmes éternels, déjà vieux comme le monde. Il ne s'ensuit pas qu'Euripide se désintéresse des questions particulières à son temps. Gardons-nous de l'observer sans mesure avec nos yeux d'aujourd'hui. Le risque est de donner à ses mythes un sens philosophique étranger au réel et de recomposer de lui, avec des traits épars, artificiellement classés, une image trop abstraite pour être vraie.

Même si nous ignorons les actes de sa vie, nous connaissons son époque et il s'impose de le regarder dans cette époque, au milieu et vers la fin du ve siècle d'Athènes, avec les yeux de ses concitoyens athéniens. Périclès n'a pas eu de successeur de sa taille ; son siècle va s'achever dans l'écroulement de l'empire, moins sous les coups des cités grecques rivales, que victime des fautes et des faiblesses de cet empire. Maintenant l'homme de théâtre se transforme en homme d'action ; Euripide apparaît plus vivant que jamais, car il est athénien jusqu'au fond du cœur. Maintenant, contradictions résolues, on découvre en lui, sinon son unité, du moins sa continuité. Il pensait être poète, philosophe, homme de lettres, auteur tragique. Sa conscience de citoyen, le nombre de ses auditeurs, maîtres de la politique, l'obligent à élargir le champ de ses responsabilités, et à dire son mot sur les problèmes du jour. Il est venu à point nommé, dans la force de l'âge, en un monde actuel, bouleversé par la guerre.

Euripide a près de cinquante ans quand éclate ce conflit, mondial pour les Grecs, qui va durer vingt-sept ans, et dont les dieux lui épargneront de voir la fin. De ses pièces conservées, seule Alceste est d'avant-guerre. Les premières des suivantes ne portent pas la marque, ou à peine, de la guerre. Une foi se dessine pourtant dans les destinées d'une Athènes dont la démocratie est dirigée par la main ferme de Périclès. Athènes est encore grande par ses vertus de bienfaisance et d'humanité qui la distinguent des autres cités grecques et des p […]

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