Grec originaire de Chersonèse qui commença sa carrière à la cour de Philippe et d'Alexandre de Macédoine, où il remplissait les fonctions d'archigrammateus (chef du secrétariat). Il accompagna Alexandre lors de son expédition d'Asie et reçut, à la mort du conquérant (~ 323), la satrapie de Cappadoce. Or celle-ci était immense et restait en grande partie à conquérir. Eumène s'y employa avec l'aide du régent Perdiccas et entreprit de réorganiser l'administration de l'immense domaine qu'il avait entre les mains, en plaçant en particulier à la tête des divers services des Grecs ou des Macédoniens, inaugurant par là une pratique qui sera celle des autres diadoques et des rois hellénistiques. Plutarque, qui s'inspire dans sa « Vie d'Eumène » (Vies parallèles) du récit d'un autre Cardien, Hiéronymos, a tendance à faire d'Eumène un cas exceptionnel parmi les diadoques : seul, il serait demeuré fidèle à la politique d'Alexandre à l'égard des populations asiatiques, et seul aussi serait resté fidèle aux « rois » légitimes et à l'idée d'unité de l'Empire. Il semble cependant qu'Eumène, tout comme les autres diadoques, se soit trouvé placé en Asie devant un certain nombre de nécessités qui l'auraient amené, d'une part, à recruter des troupes indigènes, d'autre part, à assurer son autorité sur les Macédoniens de son armée, afin de faire de la Cappadoce son domaine personnel. Après la mort de Perdiccas en ~ 321, il lutta contre Antigonos Monophtalmos, qui lui disputait la prépondérance en Asie ; battu en ~ 317, il fut finalement exécuté, après avoir été jugé par les soldats macédoniens.
Claude MOSSÉ
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