3. Milan : journalisme, musique et poésie
• « La Tourmente », les proses
C'est ainsi que Montale se rend à Milan : en 1948, apprenant la mort de Gandhi, il improvise pour le Corriere della sera un article qui l'y fait aussitôt engager comme rédacteur. Désormais, journalisme, critique musicale et littéraire, voyages, se partagent son temps. La poésie n'est pas oubliée : en 1956 paraît La Bufera e altro (La Tourmente et autres poèmes) qui, aux yeux de son auteur, contient alors la somme de ses expériences poétiques. Après Finisterre (1943), premier noyau du recueil, et « Iris », poème onirique (1946), qui montrent, dans un monde bouleversé, le désarroi du poète et sa fidélité à un idéal largement humain, viennent des pièces où seuls les souvenirs personnels, lointains ou récents, lui apportent le réconfort. Des « Conclusions provisoires » (1954) – auxquelles s'ajouteront celles que contient le poème « Du tac au tac » (1961) de la plaquette Satura – expriment le testament spirituel et moral du poète. Montale a entre-temps publié un Quaderno di traduzioni (1948), où apparaissent, Anglo-Saxons en tête, ses poètes préférés, et un savoureux recueil de croquis et nouvelles, Farfalla di Dinard (1956), où son humour de poète évoque avec brio et sensibilité des « occasions » et des rencontres multiples. Il édite encore sa correspondance avec Svevo (1966), un choix de ses articles, Auto da fé (1966), textes de moraliste engagé en société et chroniques sur l'art, enfin ses impressions de voyage, Fuori di casa (1969), où dominent les souvenirs de France. Poète célèbre dans le monde, sénateur à vie en 1967, il joue désormais, en Italie et en Europe, le rôle d'une personnalité culturelle de premier plan, dont les soixante-dix ans (1966) sont fêtés en Italie par une extraordinaire floraison d'études critiques qui désormais ne tariront plus.
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