Philosophe, critique d'art, essayiste, romancier, l'Espagnol Eugenio d'Ors appartient à la génération postérieure à la génération dite de 98, auprès de Marañon, de Gómez de la Serna et d'Ortega y Gasset. Comme ce dernier, il consacre une grande partie de son activité à diffuser en Espagne les grands courants européens, philosophiques, littéraires et artistiques, s'attachant plus particulièrement aux problèmes esthétiques. De mère cubaine et de père catalan, il écrit ses premières œuvres en catalan, les autres en espagnol. Son œuvre principale est constituée par ses Glosari, série de brefs écrits commencés en 1906 et prolongés en 1920 par El Nuevo Glosario ; il s'agit d'une sorte de journal intellectuel qu'il conçoit comme une reprise moderne du Dictionnaire philosophique de Voltaire et qu'il complète par le Novísimo Glosario (1947). Esprit curieux, doté d'une rigueur logique remarquable, nuancée d'une fine sensibilité, Eugenio d'Ors s'est toujours maintenu disponible aux idées nouvelles. La politique, la littérature, l'art, la science, la philosophie ont été les thèmes de ses « Gloses », de ses commentaires, d'abord publiés dans la presse quotidienne avant d'être rassemblés en volumes. Ses essais poursuivent cette même démarche : El Valle de Josafat (1921), Océanographie de l'ennui (Oceanografía del tedio, 1921), U-turn it (1923), Lorsqu'enfin je serai tranquille (Cuando ya esté tranquilo, 1930), De la amistad y el diálogo (1914), Aprendizaje y heroismo (1915), Grandeza y servidumbre de la inteligencia (1919).
À travers tous les thèmes de sa réflexion se profilent une figure humaine harmonieuse, achevée, et un idéal classique de la civilisation (La Civilización en la historia). Il explore avec la même ardeur le champ philosophique : Religio est libertas (1930), Primera lección de un curso de filosofía (1927), La Fórmula biológica de la lógica, Las Aporías de Zenón de Elea y la noción moderna del espacio-tiempo, dont les idées se retrouvent dans une œuvre de maturité : El Secreto de la filo […]
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