Né dans une famille de paysans pauvres, Eugène Varlin entre en apprentissage chez un oncle relieur. Devenu ouvrier relieur, il découvre Proudhon, le lit ardemment, et participe, dès 1857, à la fondation des sociétés de secours mutuel. Très vite, il s'oppose au mutuellisme réformiste que Tolain croyait pouvoir tirer de Proudhon et préconise un collectivisme antitotalitaire. En 1864 et 1865, il anime la grève des relieurs et la mène à bonne fin. Il fonde alors la Société d'épargne et de crédit mutuel des relieurs, dont il est élu président. En 1865, il adhère à l'Internationale, collabore à la Tribune ouvrière et est délégué au Congrès de Londres (1865) et à celui de Genève (1866). En 1868, il fonde le restaurant coopératif La Marmite, dirige le second bureau parisien de l'Internationale et est condamné à trois mois de prison. En 1869, il crée la Caisse du sou, pour soutenir les ouvriers grévistes. Dans Le Travail du 16 septembre 1869 il préconise, s'inspirant de Proudhon, que « le salariat soit remplacé par la Fédération des travailleurs libres ». Mais il s'éloigne de plus en plus des vues proudhoniennes, s'il refuse tout État centralisateur et autorita […]
