Fils d'un marchand drapier de la rue Saint-Denis, Eugène Scribe ne vient au théâtre que par goût du vaudeville, qui le détourne d'une carrière d'avocat où le poussent ses parents. Il débute au théâtre des Variétés avec une piécette qui ne recueille aucun succès, Le Prétendu sans le savoir ou l'Occasion fait le larron (1810). Il reste dans l'anonymat jusqu'en 1815, date à laquelle il fait représenter Une nuit de la garde nationale. Aidé par la rente qui lui est versée après la mort de ses parents, il parvient à force d'écrire à déceler ce qui plaît au public et peut alors fabriquer des succès. Ainsi paraissent de petites pièces alertes et débordantes de vie qui firent la gloire du vaudeville et surtout du Gymnase : Le Solliciteur (1817), Les Deux Précepteurs (1817), L'Ours et le Pacha (1820), Michel et Christine (1820), Le Secrétaire et le Cuisinier (1821), Le Ménage de garçon (1821), Le Nouveau Pourceaugnac (1822), La Veuve du Malabar (1822), L'Héritière (1823), Les Premières Amours (1825), Le Diplomate (1827). Fournisseur attitré du Gymnase, dont le répertoire passe pour être l'idéal dramatique durant la seconde période de la Restauration, il devient celui de presque tous les théâtres de Paris et s'essaie à tous les genres. Il tente d'écrire des comédies de mœurs pour le Théâtre-Français : Le Mariage de raison (1826), Le Mariage d'argent (1827), mais ses admirateurs préfèrent ses vaudevilles. En même temps, il remporte ses plus grands succès à l'Opéra-Comique et au Grand Opéra avec Fra Diavolo (1830), Le Philtre (1830), Robert le Diable (1831), La Juive (1835), Les Huguenots (1836), L'Ambassadrice (1836). Bertrand et Raton (1833) inaugure une manière de comédie qui puise l'intrigue dans la politique et l'anecdote dans l'histoire : Les Ambitieux (1834), La Camaraderie (1836), Les Indépendants (1837), La Calomnie (1840), Le Verre d'eau (1840).
La seconde partie de la carrière de Scribe est tout aussi remplie et triomphale que la première : au Théâtre-Français il donne Une chaîne (1841), Le Puff (1848), Adrienne Lecouvreur (1849), Les […]
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