6. L'univers ionescien
La richesse, la diversité de son œuvre ont souvent déconcerté les lecteurs d'Ionesco. Les fervents de La Cantatrice chauve n'ont pas toujours admis Rhinocéros. On lui a reproché ce qu'on croyait être des zigzags. En fait, sous la variété se révèle une profonde continuité : il existe un univers ionescien, dans ces cryptes de l'âme où se conjuguent l'observation du monde et l'imagination. Ionesco l'évoque dans certaines pages de Notes et contre-notes.
« Il y a peut-être une possibilité de faire de la critique : appréhender l'œuvre selon son langage, sa mythologie, son univers, l'écouter. Pour moi, tout théâtre qui s'attache à des problèmes secondaires (sociaux, histoires des autres, adultères) est un théâtre de diversion. C'est un nouveau surréalisme qu'il nous faudrait peut-être. »
« Je peux croire que tout n'est qu'illusion, vide. Cependant, je n'arrive pas à me convaincre que la douleur n'est pas. »
« Le comique étant l'intuition de l'absurde, il me semble plus désespérant que le tragique. Le comique est tragique, et la tragédie de l'homme dérisoire. »
« Le trop de présence des objets exprime l'absence spirituelle. Le monde me semble tantôt lourd, encombrant, tantôt vide de toute substance, trop léger, évanescent, impondérable. »
« Mon théâtre est très simple [...], visuel, primitif, enfantin. »
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