Critique d'art. Témoin lucide des événements — et des bouleversements artistiques — qui ont marqué la France de la Révolution au second Empire, Delécluze a, tout au long de sa très abondante production de critiques (plus d'un millier d'articles), manifesté une inlassable fidélité aux valeurs classiques. Ses chroniques — ou ses souvenirs édités — sont le témoignage sur la première moitié du xixe siècle d'un fils de la bourgeoisie rationaliste issue des Lumières. Enfant impressionné par l'atmosphère de la Terreur, il choisit d'être peintre et entre à seize ans dans l'atelier de David, peu après que celui-ci eut échappé aux purges de Thermidor. L'élève restera à jamais marqué par l'enseignement du maître et par une personnalité dont il ne comprend pas toujours les motivations politiques. Il devient, à la fin de l'Empire, une sorte de confident du peintre de Léonidas, et prépare un livre de souvenirs — et de défense — qu'il ne publiera qu'en 1855 sous le titre : Louis David, son école et son temps (rééd. Macula, Paris, 1983). L'ouvrage est particulièrement vivant par l'éclairage qu'il porte sur les tendances d'avant-garde autour de 1800 et par l'évocation d'une génération dont Ingres demeure, un demi-siècle plus tard, le grand survivant. Toute sa vie, en effet, le critique défend le beau idéal fondé sur la sculpture antique, la primauté de la ligne sur la couleur et de la peinture d'histoire ancienne sur tous les autres genres (y compris les thèmes contemporains imposés par la propagande impériale). Sa carrière de peintre est brève : il expose au Salon de 1808 à 1814 (dont un Auguste et Cinna conservé au Bowes Museum de Barnard Castle), avant d'enseigner le dessin et de s'essayer, dès 1819, à la critique de salons. C'est l'appui des frères Bertin, puissants apôtres du « juste milieu », qui le détermine à entreprendre en 1822 une collaboration au Journal des débats appelée à durer une quarantaine d'années (complétée par de nombreux articles donnés à La Revue française, à la Revue des Deux Mondes, à L'A […]
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