3. Les liens de parenté
L'ethnologie a permis de comprendre avec précision la nature de la parenté ; c'est l'une de ses contributions les plus importantes. La parenté est la reconnaissance sociale de liens biologiques réels ou supposés, qui se créent par les naissances et les mariages. La continuité de toute société dépend de la procréation et de l'éducation des nouveaux membres. La légitimité des enfants engendrés est assurée par le système de parenté. Aux personnes et aux groupes responsables de veiller sur eux, de les former et de leur donner la place qui leur revient dans la société.
L'unité minimale de parenté est la famille élémentaire (nucléaire, individuelle) : elle comporte le père, la mère et les enfants. Presque tous les adultes appartiennent à deux familles de ce type, que W. L. Warner appelle famille d'orientation (celle où l'on est né ou adopté) et famille de procréation (celle où l'on est soi-même père ou mère), familles qui, en se liant les unes aux autres, forment un cadre complexe de rapports, comprenant des liens de consanguinité (par le sang) et d'affinité (par mariage). L'adoption simule la consanguinité. Dans la plupart des sociétés humaines, la parenté joue un rôle dans les affaires économiques, politiques, judiciaires et rituelles.
Les premières recherches sur le sujet en ethnologie commencèrent par des études de terminologie de L. H. Morgan. Il chercha, ainsi que d'autres à la même époque, à classer les termes des systèmes de parenté en les considérant comme des stades de l'évolution humaine, correspondant à des niveaux de développement politique et technologique. Si une distorsion apparaissait entre la terminologie et la structure sociale, ces penseurs émettaient l'hypothèse d'un état antérieur de la société où existait une exacte correspondance : Lowie, Radcliffe-Brown et Malinowski contestèrent cette théorie évolutionniste et insistèrent sur l'analyse et la comparaison de sociétés contemporaines pour déterminer des principes généraux. On abandonna, pa […]
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