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ÉTHIQUE

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2.  De l'éthique à la morale

Au long de ce nouveau trajet, la référence à l'intention éthique s'effacera progressivement, à mesure que le terme neutre se chargera lui-même de significations nouvelles qu'il faut considérer comme étant non négligeables et même incontournables.

  La constitution de la notion de valeur

Partons d'un terme de notre vocabulaire éthique ou moral (à ce niveau, la différence n'est pas encore marquée) qui est encore proche de la constitution primaire de l'intention éthique : le terme de valeur. Nous l'employons en relation avec des entités telles que la justice, l'égalité, la tempérance l'amitié, etc. Les Anciens ont été les premiers à essayer de fixer ces entités dans un tableau des vertus. Ainsi en est-il dans les dialogues socratiques sur le courage (Lachès), la pitié (Euthyphron), la justice (République). C'est surtout dans la grande Éthique d'Aristote que cette recherche s'épanouit, les vertus y prenant le sens fort d'excellences dans l'ordre de l'agir.

On peut retrouver dans la constitution de la notion de valeur le rapport triangulaire dans lequel se fonde l'intention éthique. Dans le mot « valeur », il y a d'abord un verbe : évaluer, lequel à son tour renvoie à préférer : ceci vaut mieux que cela ; avant valeur, il y a valoir plus ou moins. Or la préférence est l'apanage d'un être de volonté et de liberté c'est pourquoi Aristote fait précéder le traité des vertus par une analyse de l'acte libre : seul celui qui peut se poser en auteur de ses actes, en agent moral, peut hiérarchiser ses préférences. Cette toute première référence à une position de liberté en première personne est essentielle à l'évaluation. Elle met en jeu le jugement moral, inséparable de la volonté qu'aura chacun d'effectuer sa propre liberté, de l'inscrire dans des actes et dans des œuvres qui pourront eux-mêmes être jugés par d'autres. À son tour, cette référence à l'évaluation par autrui – en fonction de l'aide que ma liberté apporte à ta liberté et à la requête que ta liberté adresse à ma liberté – élève le valable au-dessus du simple désira […]

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ALTÉRITÉ, philosophie

Écrit par :  Sylvie COURTINE-DENAMY

Dans le chapitre "Vers une reconnaissance de l'expérience d'autrui : Kant, Scheler"  : …  semble, et qui est un objet de respect » (Fondements de la métaphysique des mœurs, 1785).* En constituant autrui comme une personne, je m'oblige à le respecter en tant que tel : c'est du sein de l'éthique et non plus de la perception qu'autrui m'apparaît comme une « personne ». Ce respect dû aux personnes formalise en quelque sorte la… Lire la suite
ALTRUISME

Écrit par :  Guy PETITDEMANGE

Dans le chapitre "Autrui : l'obligation et la trace"  : …  simplifiée à l'extrême, la thèse d'Emmanuel Levinas, le penseur le plus radical de l'altérité. *Éthique ? Non, si l'on entend par là le corollaire d'une conception du monde, un système de valeurs, de droits et de devoirs. Oui, si on la prend comme « optique », c'est-à-dire une perspective d'intelligibilité qui ne coïncide pas avec la priorité… Lire la suite
AMOUR

Écrit par :  Georges BRUNELBaldine SAINT GIRONS

Dans le chapitre " L'amour comme projection de la scission subjective"  : …  de l'amour face à toute morale déterminée ; montrant que l'amour constitue à lui seul une *éthique, qu'il est source de tout abandon et de toute remise ; mais que ce « recoulement » à la source exige une longue patience, une vigilance de tous les instants et le non-refus du sacrifice. Bernard de Clairvaux, qu'unissait à Héloïse une amitié… Lire la suite
ANIMALITÉ

Écrit par :  Florence BURGAT

Dans le chapitre " Animalité, droit naturel et éthique"  : …  la disposition de l'homme. N'est-ce pas en effet en amont, du côté de l'être, que tout se décide ? *La place des animaux dans l'éthique et le type de traitements que l'homme leur réserve sont intimement liés à leur ontologie. La conception négative de l'animalité induit en effet une différenciation sur le plan axiologique : est supposé pertinent le… Lire la suite
ARISTOTE (~385 env.-~322)

Écrit par :  Pierre AUBENQUE

Dans le chapitre "La « philosophie des choses humaines »"  : …  le détail, Aristote oublie souvent cette distinction et il lui arrive de décrire la structure de *l'action (praxis) morale en prenant pour modèle l'activité technique (poiésis), dont les articulations sont plus visibles : rapprochement qui n'ira pas, nous le verrons, sans quelque risque de confusion. Ainsi, dès le début de l'Lire la suite
ARISTOTÉLISME

Écrit par :  Hervé BARREAU

Dans le chapitre "L'éthique et la politique"  : …  Pour Aristote *l'éthique et la politique sont des disciplines connexes : toutes deux traitent du souverain bien, qui n'est pas idéal mais ne se distingue pas du bonheur, et qui se propose autant à l'individu humain qu'à la cité, forme achevée de la vie sociale. D'ailleurs l'individu libre est le citoyen d'une cité et la justice du citoyen est sa… Lire la suite
ART (Aspects esthétiques) - Le beau

Écrit par :  Yves MICHAUD

Dans le chapitre " La beauté injuriée"  : …  et les mêmes réticences vis-à-vis du Beau. Kant faisait de l'ordre de l'art un analogue de l'ordre* éthique. Après lui, même cette analogie disparaît au profit d'une autonomisation du monde de l'art. Celui-ci se voit dissocié de l'éthique dès Hegel (Esthétique, 1835). Kierkegaard oppose catégoriquement le stade esthétique de la vie (stade… Lire la suite
ATOMISME

Écrit par :  Jean GREISCH

Dans le chapitre "Une pensée de la matière"  : …  certaine stabilité interne. Chez Épicure (341-270 av. J.-C.), le lien entre la physique atomiste et* l'éthique est encore plus étroit. S'il adopte l'atomisme de Démocrite, c'est aussi parce que cette hypothèse « immunise » le monde contre les incursions des dieux. L'atomisme implique l'existence d'une matière infinie, constituée par les atomes de… Lire la suite
BELAVAL YVON (1908-1988)

Écrit par :  Michel FICHANT

…  même où il en déplorait l'effacement, il se reconnaissait dans la « République des esprits » ; *la monadologie leibnizienne avait pour lui le sens éthique de l'individualisme vrai, qui est liberté partagée : « Être libres, c'est s'exprimer, s'entr'exprimer dans une action commune. La monadologie est un individualisme du nous où chacun donne du… Lire la suite
BIEN, philosophie

Écrit par :  Monique CANTO-SPERBER

Dans le chapitre "Le bien comme bonheur, ou « eudaimonia » "  : …  le bonheur, dont la possession permet l'accomplissement objectivement parfait de la nature humaine. *C'est ainsi que toutes les éthiques antiques ont défini la recherche du souverain bien – à la fois bien humain, bonheur, et bien moral. Plusieurs traits caractérisent cette recherche. D'abord, ce souverain bien doit porter sur l'ensemble de la vie… Lire la suite
BIOÉTHIQUE - Origines et histoire de la notion

Écrit par :  Didier LAVERGNE

…  de Bioethics : Bridge to the Future. La notion elle-même paraît a priori facile à définir.* S'agissant d'éthique, elle engage à une réflexion philosophique, sur ce qui est bien et sur ce qui est mal, afin de régler nos conduites. Quant au préfixe bio, il désigne le champ auquel s'applique cette réflexion, en vue de l'instituer comme… Lire la suite
BRENTANO FRANZ (1838-1917)

Écrit par :  Samuel Hugo BERGMAN

Dans le chapitre "La vérité et les valeurs"  : …  D'autres tentatives célèbres de réduction furent celles de Russell, de Carnap et de Kotarbinski. *Dans son ouvrage De l'origine de la connaissance morale (Vom Ursprung sittlicher Erkenntnis, 1889), Brentano présente la connaissance éthique comme fondée sur les émotions : amour et haine. L'action morale ne se fonde pas sur un… Lire la suite
CAPITALISME - Sociologie

Écrit par :  Michel LALLEMENT

Dans le chapitre "Visages du capitalisme contemporain"  : …  la rhétorique managériale dominante, le nouvel esprit du capitalisme en appelle par ailleurs à la* responsabilité morale. Grâce à sa réactivité et à ses capacités d'innovation, l'entreprise modèle doit non seulement être performante sur le plan économique, mais elle doit aussi faire montre de responsabilité civique, respecter son environnement,… Lire la suite
CARE, philosophie

Écrit par :  Sandra LAUGIER

…  care). Il semble aussi être défini négativement : I don't care, ne pas se soucier... *Car la première fonction de l'éthique du care est d'attirer l'attention sur un ensemble de phénomènes négligés : en premier lieu une dimension morale, en second lieu – mais l'urgence en apparaît quotidiennement – une dimension pratique,… Lire la suite
CONTROVERSES SCIENTIFIQUES PUBLIQUES

Écrit par :  Bernard REBER

Dans le chapitre "L'éthique, remède ou poison ?"  : …  participative (E.T.P.) pour traiter de la façon la plus équitable possible ces questions. *Au-delà des règles procédurales à respecter, des questions d'éthique substantielles se posent. Or les désaccords moraux pourraient-ils échapper à ce que Socrate (dans Euthyphron, dialogue de Platon sur la piété) voyait déjà comme le seul… Lire la suite
CRAINTE ET TREMBLEMENT, livre de Soren Kierkegaard

Écrit par :  Francis WYBRANDS

…  père Abraham. La morale, dont les exigences sont universelles, peut-elle souffrir des exceptions ? *Contre cette prétention à l'universalité, que Kant défendait, Kierkegaard va soutenir la thèse d'une « suspension téléologique de l'éthique ». « Le héros tragique [Agamemnon] renonce à lui-même pour exprimer le général ; le chevalier de la foi [… Lire la suite
DEWEY JOHN (1859-1952)

Écrit par :  Jean-Pierre COMETTI

Dans le chapitre "Dewey psychologue, éducateur et penseur de la démocratie"  : …  intelligence humaine, la continuité de l'expérience et le caractère transactionnel de l'éducation. *Ses finalités sont de nature éthique : « La démocratie est la forme de société dans laquelle tout homme possède une chance, et sait qu'il la possède –  et nous pourrions ajouter : une chance à laquelle aucune limite possible ne peut être assignée, une… Lire la suite
DIFFÉRENCE, philosophie

Écrit par :  Alfredo GOMEZ-MULLER

Dans le chapitre "La pensée du Même"  : …  cette « métaphysique » qui dévalue la différence s'articule avec une compréhension spécifique de *l'éthique et du politique. Chez Aristote et une bonne partie de la tradition aristotélicienne, la dépréciation de la différence sous-tend, en éthique, le principe selon lequel le devoir de justice est hiérarchisé en fonction du degré de ressemblance… Lire la suite
ENFANCE (Situation contemporaine) - Évolution de la relation adultes-enfants

Écrit par :  Alain RENAUT

Dans le chapitre "Esprit de contrat, éthique de sollicitude"  : …  des devoirs de sollicitude ? En guise de conclusion, on se bornera à expliciter ce par quoi une* éthique de la sollicitude pourrait constituer, pour nos relations à l'enfant des droits de l'enfant, le complément indispensable de l'esprit de contrat. Il s'agirait d'entendre par là des obligations ne correspondant à aucun droit, par exemple : ne… Lire la suite
ENVIRONNEMENT - Environnement et économie

Écrit par :  Sylvie FAUCHEUXChristelle HUE

Dans le chapitre "Les impasses de la rationalité économique conventionnelle"  : …  sans coordination effective de tous les membres de la société, est naturellement vaine. *Cette seconde impasse introduit la question d'une rationalité nouvelle fondée sur l'engagement éthique traduit en principe de comportement. S'ouvre ici la perspective de l'engagement individuel à travers la concertation collective conduisant aux engagements… Lire la suite
ÉPICURE (~341-~270)

Écrit par :  Graziano ARRIGHETTI

Dans le chapitre "Éthique : se libérer de toute crainte"  : …  *De même que cette théorie de la connaissance ne fait que développer les conséquences nécessaires et logiques du principe de la fidélité aux sensations, de même l'éthique épicurienne est tout entière fondée sur le postulat suivant : le plaisir est le bien, la douleur est le mal ; ce sont là les deux affections fondamentales auxquelles toutes les… Lire la suite
ÉTHIQUE À NICOMAQUE, Aristote

Écrit par :  François TRÉMOLIÈRES

Dans le chapitre "La morale aristotélicienne"  : …  *La morale ou l'éthique (les deux termes renvoyant à une même réalité, en latin mores, en grec éthos : celle qui concerne les « mœurs ») n'est pas constituée par Aristote en science particulière. Le philosophe distingue seulement entre le domaine des affaires humaines (ce que, avec le néo-aristotélisme, on peut appeler philosophie… Lire la suite
ÉTHIQUE, livre de Baruch Spinoza

Écrit par :  Francis WYBRANDS

… Éthique se déploie selon un plan déductif. Liberté et puissance de connaître sont identiques. *Qu'un des plus grands traités touchant les questions de métaphysique s'intitule « éthique » ne doit pas tromper : le but de la connaissance est la béatitude. Celle-ci repose sur la connaissance que nous pouvons prendre de l'être et de la place que… Lire la suite
EUROPE - Diversité religieuse

Écrit par :  Michel MIAILLEKathy ROUSSELET

Dans le chapitre "Des solutions à construire"  : …  il faut rappeler la recomposition profonde du champ religieux en Europe (la « crise » du croire). *Cette situation se caractérise par la fortune extraordinaire de l'« éthique » dans la vie sociale qui appelle évidemment des interventions confessionnelles, organisées ou diffuses, officielles ou discrètes, sur de nombreux problèmes : recherche… Lire la suite
GRÈCE ANTIQUE (Civilisation) - L'homme grec

Écrit par :  André-Jean FESTUGIÈRE

Dans le chapitre "Se délivrer de toute crainte"  : …  perfection et de son bonheur. « S'accorder à la nature universelle », tel est le seul précepte de l'*éthique. C'est le seul, car il suffit. En effet, une fois accordé à l'univers, je ne puis plus agir qu'en conformité avec cet accord. Toutes les règles particulières sont donc inutiles. Je possède toute la sagesse et il ne se peut faire que j'… Lire la suite
HABITUS

Écrit par :  Frédéric GONTHIER

Dans le chapitre "Histoire"  : …  *Dans son sens initial, l'habitus désigne une disposition acquise et stable relevant de l'éthique ou de la noétique. Dans le domaine éthique, l'habitus fait signe vers la vertu morale. Pour Aristote, l'homme vertueux actualise la manière d'être (hexis) sur laquelle il a délibéré (Léon Robin, 1947). La scolastique médiévale accentue le… Lire la suite
HÉDONISME

Écrit par :  Henri WETZEL

Dans le chapitre "La jouissance et le degré zéro du logos"  : …  *Avec Socrate, le problème éthique est au centre des préoccupations d'une philosophie qui se découvre une vocation à l'universalité, et qui rompt avec la confusion polymathique des penseurs précédents. Pour ses successeurs, la question du plaisir n'est pas d'abord un problème, mais une réponse parmi d'autres, dont la nature est telle qu'elle échappe… Lire la suite
INÉGALITÉS - Théories de la mesure des inégalités économiques

Écrit par :  Thibault GAJDOS

Dans le chapitre "Les axiomes éthiques fondamentaux"  : …  inégalités (on les retrouve, par exemple, dans le domaine de la théorie de l'équilibre général). *Toutefois, lorsqu'il s'agit d'évaluer les inégalités, quelques axiomes éthiques élémentaires paraissent incontournables. En premier lieu, il est naturel de supposer que l'identité des individus ne joue aucun rôle dans l'évaluation d'une distribution… Lire la suite
JONAS HANS (1903-1993)

Écrit par :  Nicolas TERTULIAN

…  de la matière qu'un espace de choix et de liberté. En 1979, Hans Jonas achève son ouvrage d'*éthique, Le Principe responsabilité, qui sera traduit en de nombreuses langues et qui va lui assurer une audience internationale. Il entend fonder l'éthique sur une base ontologique, en prenant ses distances par rapport au subjectivisme de l… Lire la suite
KOTARBINSKI TADEUSZ (1886-1981)

Écrit par :  Françoise ARMENGAUD

… *Logicien et philosophe polonais né à Varsovie, Tadeusz Kotarbinski fait ses études à l'université de Lwów, et obtient en 1912 son doctorat avec une thèse sur L'Utilitarisme dans l'éthique de Mill et de Spencer. De 1918 à 1957, il enseigne à l'université de Varsovie. En 1957, il préside l'Académie des sciences polonaise. De 1957 à 1960, il… Lire la suite
LÉVINAS EMMANUEL (1905-1995)

Écrit par :  Jean GREISCH

Dans le chapitre "Autrui me regarde : l'épiphanie du visage"  : …   et Infini est un plaidoyer pour une métaphysique renouvelée inséparable d'une phénoménologie. *Sa thèse directrice est que « l'essentiel de l'éthique est dans son intention transcendante », qui déborde la distinction habituelle entre théorie et pratique. En reprenant des intuitions de Platon, Plotin, Kant et Bergson, Lévinas cherche à cerner… Lire la suite
LIBERTÉ

Écrit par :  Paul RICŒUR

Dans le chapitre "Éthique et politique chez Aristote"  : …  *Ce passage du premier au deuxième niveau de problèmes se laisse aisément reconnaître dans la philosophie morale d'Aristote : sa théorie de l'action volontaire et involontaire, dans le livre III de l'Éthique à Nicomaque, constitue seulement un fragment enchâssé dans une enquête plus vaste portant sur la vertu et le bonheur ; ainsi, l'… Lire la suite
LOGIQUES NON CLASSIQUES

Écrit par :  Jacques-Paul DUBUCS Universalis

Dans le chapitre "Logique des impératifs"  : …  Selon R. M. Hare (1952), l'*éthique se réduit à l'étude logique du langage de la morale, et débute par la description des impératifs. Mais, bien que des travaux soient fréquemment consacrés, depuis cette date, à la formalisation des discours contenant des énoncés à la forme impérative, l'existence d'une logique des impératifs conçue comme discipline… Lire la suite
MŒURS

Écrit par :  François BOURRICAUD

Dans le chapitre "La morale subjective et la moralité réalisée"  : …  sens du mot. La famille est définie « comme l'unité sous la forme du sentiment » et encore « la vie *éthique sous sa forme naturelle » (Philosophie du droit, paragr. 158). Quant à la corporation (groupement professionnel), elle constitue la seconde « racine éthique de l'État » (ibid., paragr. 255). Elle assure la « réalisation… Lire la suite
MORALE

Écrit par :  Éric WEIL

*Étymologiquement, « morale » vient du latin (philosophiamoralis, traduction par Cicéron, du grec ta èthica ; les deux termes désignent ce qui a trait aux mœurs, au caractère, aux attitudes humaines en général et, en particulier, aux règles de conduite et à leur justification. On… Lire la suite
MYTHE - L'interprétation philosophique

Écrit par :  Paul RICŒUR

Dans le chapitre "Hegel et les représentations religieuses"  : …  hors du jeu entier de la représentation ? N'est-il pas alors possible de redécouvrir un sens de l'*éthique elle-même qui procéderait moins de l'idée de devoir et d'obligation que de l'impulsion qui pousse l'esclave vers la libération. Si l'on entend ainsi l'éthique comme l'ensemble des conditions de réalisation de la liberté, alors toute… Lire la suite
NATUREL DROIT

Écrit par :  Marie-Odile MÉTRAL-STIKER

Dans le chapitre "Peut-on parler aujourd'hui d'un droit naturel ?"  : …  Mais chez l'homme, et par là c'est une rupture avec le règne animal que saint Thomas veut montrer, *la participation à la loi éternelle suppose « la lumière de la raison par laquelle nous discernons ce qui est bien et ce qui est mal ». Accueillir la loi naturelle ne signifie donc pas enregistrer des obligations comme si elles étaient inscrites dans… Lire la suite
NON-VIOLENCE

Écrit par :  Jacques SEMELIN

Dans le chapitre "Non-violence, action non violente et résistance civile"  : …  *Sur le plan philosophique et éthique, la non-violence se présente comme une utopie créatrice, qui appelle tout à la fois une manière d'être avec l'autre et une manière d'agir dans le conflit, qui se fonde sur le respect de la personne. Cette utopie créatrice repose sur deux principes fondamentaux et indissociables : – le refus de la violence, que… Lire la suite
NORME SOCIALE

Écrit par :  Pierre DEMEULENAERE

Dans le chapitre "Définitions"  : …  soit, plus spécifiquement, de l'action d'institutions chargées du respect des normes juridiques.* De ce point de vue, on peut distinguer entre les normes morales ou éthiques, qui sont en général sanctionnées par l'opinion publique (favorable ou non au divorce, à l'avortement, etc.), et les normes juridiques qui prescrivent, par l'intermédiaire d… Lire la suite
PÉCHÉ

Écrit par :  Jacques POHIER

Dans le chapitre "Péché et mutations philosophiques de l'éthique"  : …  point une étape capitale, qu'avait préparée Kant, et où s'opère une disjonction entre la morale et *l'éthique. La morale a pour perspective la tâche qui revient à la liberté du sujet pour qu'il atteigne la vérité de son être : le bien sera l'action qui lui permet de se conformer à la vérité de sa condition, et le mal l'action qui l'amène à vivre en… Lire la suite
PHILOSOPHIE

Écrit par :  Jacques BILLARDJean LEFRANCJean-Jacques WUNENBURGER

Dans le chapitre "La philosophie française contemporaine"  : …  par une nouvelle légitimation du système démocratique et par une apologie des droits de l'homme. *Les philosophes, devenus sceptiques à l'égard des politiques révolutionnaires qu'ils justifiaient auparavant, redonnent ainsi à l'individu une place centrale, ce qui les oblige à renouer avec une réflexion éthique, qui avait été dédaigneusement… Lire la suite
LE PRINCIPE RESPONSABILITÉ, livre de Hans Jonas

Écrit par :  François TRÉMOLIÈRES

…  (1930, trad. franç. 1978), qui enseigna à Jérusalem, puis, pour l'essentiel, en Amérique du Nord. *On a pu y voir le traité d'une morale actuelle, consciente des exigences de solidarité entre les peuples comme entre les générations, et de respect de l'environnement : une tentative pour formuler une éthique à l'âge de la science, qui refuse aussi… Lire la suite
RATIONALISME

Écrit par :  Gilles Gaston GRANGER

Dans le chapitre "Quelques variantes historiques du rationalisme"  : …  son mouvement sur les modalités de cet accès de telle sorte qu'elles ne résistent pas à l'épreuve. *Le troisième thème enfin, commun aux rationalismes antiques, concerne la possibilité d'une éthique dont les thèses pourraient être déduites de principes. Tous les grands systèmes de la pensée antique qui ont été cités développent ou esquissent en ce… Lire la suite
RECONSTRUCTION EN PHILOSOPHIE, livre de John Dewey

Écrit par :  Jean-Pierre COMETTI

Dans le chapitre "Un « nouveau paradigme en philosophie »"  : …  est celui de l'« enquête », au sens que C. S. Peirce, puis Dewey lui-même, ont donné à ce mot. *Le but est ici moral : « La philosophie qui abandonne son monopole quelque peu stérile du commerce avec la réalité ultime et absolue trouvera une compensation en éclairant les forces morales qui animent l'humanité et en contribuant à l'… Lire la suite
RELIGION - La sécularisation

Écrit par :  François-André ISAMBERT

Dans le chapitre "L'autonomisation du profane"  : …  revendique la même indépendance. Or, il n'est guère de religion connue qui ne véhicule au moins une *éthique, à défaut d'une morale doctrinale. Morale individuelle et morale sociale ( « doctrine sociale de l'Église ») font partie d'un corps doctrinal officiel de l'Église catholique. Et, si le protestantisme, que Max Weber (1904) étudia sous l'angle… Lire la suite
RELIGION - Sociologie religieuse

Écrit par :  Olivier BOBINEAU

Dans le chapitre "Analyse wébérienne"  : …  dans le champ religieux où les techniques et formules magiques sont progressivement mises de côté* au profit de visions éthiques religieuses, soit dans le champ de la maîtrise théorique et pratique du monde où s'opère un mouvement général de rationalisation. Dans le champ religieux, les révélations prophétiques et éthiques remplacent, au fil de l… Lire la suite
RESPONSABILITÉ

Écrit par :  Jacques HENRIOT

Dans le chapitre "L'idée de responsabilité"  : …  niant toute juridiction et dont le sujet se prend pour mesure de toutes choses. Le champ de l'*éthique coïncide avec celui de la responsabilité. Il se borne à l'étroite marge qui sépare la violence du cynisme. À l'intérieur s'inscrit la possibilité d'un refus délibéré. Pour qui s'en tient au problématique pratique et refuse de tirer ses… Lire la suite
RESPONSABILITÉ SOCIALE DES SCIENTIFIQUES

Écrit par :  Jacques TESTART

Dans le chapitre "Qui est responsable ? Et de quoi ?"  : …  son institution négligent ce que le public croit être la responsabilité de la machine à chercher. *Du moins est-il exceptionnel que l'inquiétude éthique s'empare du monde de la recherche au-delà des préoccupations légales ou pénales. Les risques nouveaux, qui résultent en particulier de la recherche sur le noyau de la matière (physique nucléaire)… Lire la suite
SANTÉ - Économie de la santé

Écrit par :  Jean-Paul MOATTI

Dans le chapitre "Les limites de l'éthique utilitariste"  : …  la comparabilité des ratios obtenus par différentes interventions et dans différentes pathologies. *Mais, surtout, elle se réfère de facto à une éthique utilitariste qui consiste « à accorder un poids égal aux intérêts égaux de toutes les parties », c'est-à-dire à ne pas se préoccuper des écarts qui peuvent exister entre les individus en fonction… Lire la suite
SCHELER MAX (1874-1928)

Écrit par :  Daniel CHRISTOFF

Dans le chapitre "Les valeurs et l'éthique"  : …  *Scheler a développé sa théorie des valeurs en critiquant la morale formelle de Kant (Le Formalisme en éthique et l'éthique matériale des valeurs). Cette morale rigoriste, en affirmant que la volonté se donne à elle-même sa loi, rend vaine l'autorité de Dieu, de la personne, du commandement d'amour ; hostile aux penchants, elle ignore la… Lire la suite
SCHOPENHAUER ARTHUR (1788-1860)

Écrit par :  Jean LEFRANC

Dans le chapitre "Une anthropologie pessimiste"  : …   ; il n'y a chez lui nulle place pour une existence propre à l'homme et distincte de la nature. L'*éthique d'une telle anthropologie ne peut qu'être celle du renoncement et de l'ascèse, dont le premier point sera de s'abstenir de transmettre la vie et avec elle la tromperie du bonheur. La justice sera purement négative (ne léser personne) et le… Lire la suite
SCIENCES - Sciences et société

Écrit par :  Federico MAYOREvry SCHATZMAN

Dans le chapitre "Éthique et pouvoir"  : …  *La science doit se doter d'une conscience. Les chercheurs ne doivent pas rester dans leur tour d'ivoire, ils doivent s'exprimer ; ils doivent s'intéresser de plus près au processus de la prise de décisions et, dans la mesure du possible, s'y intégrer au lieu d'en faire trop souvent l'objet. Ils doivent être libres d'informer et de conseiller sans… Lire la suite
SÉNÈQUE (~4-65)

Écrit par :  Ilsetraut HADOT

Dans le chapitre "Signification philosophique de l'œuvre"  : …  de doctrine philosophique ; on y trouverait presque exclusivement des développements consacrés à l'*éthique ; les répétitions, les déclamations rhétoriques, le style sentencieux nuiraient à la rigueur philosophique. Les interprétations les plus diverses ont d'ailleurs été proposées en ce qui concerne les doctrines de Sénèque. Les uns le considèrent… Lire la suite
SHOAH LITTÉRATURE DE LA

Écrit par :  Rachel ERTEL

Dans le chapitre "L'impensable objet de pensée : l'essai et l'impresceptible"  : …  qu'il est venu inquiéter, déstabiliser, subvertir par son mode réflexif et autobiographique. *Le lien entre éthique et esthétique – une des grandes interrogations du siècle – se voit ici arraché à la pure abstraction. T. W. Adorno, en s'interrogeant sur la possibilité d'écrire de la poésie après Auschwitz, et sur « … Lire la suite
SPINOZA BARUCH (1632-1677)

Écrit par :  Robert MISRAHI

…  le contenu d'une existence « parfaite et heureuse » (V, 31, sc.). Le spinozisme est donc bien une *éthique (comme le confirme le titre de l'œuvre principale), et non une épistémologie ou une théologie. Mais cette éthique n'est pas seulement une philosophie de la joie, elle est aussi une doctrine de la liberté : béatitude et liberté sont identiques… Lire la suite
STOÏCISME

Écrit par :  Jacques BRUNSCHWIGUrs EGLI

Dans le chapitre "La morale"  : …  *L'éthique stoïcienne étend à la conduite humaine l'empire du logos qui règle nos pensées et régit l'univers. Mais l'homme a-t-il encore quelque chose à faire dans ce monde dont il est une partie, et que gouverne l'immuable destin ? Le stoïcisme passe pour une philosophie de l'acceptation, de la résignation. La liberté qu'il promet n'est-… Lire la suite
TECHNIQUE

Écrit par :  Cornélius CASTORIADIS

Dans le chapitre "La conception occidentale de la technique"  : …  aussi qu'elle ne prend pas en considération les fins ultimes de l'activité dont il s'agit : déjà *Aristote disait que « dans la technè, celui qui volontairement agit mal est préférable » (Éthique à Nicomaque, VI, 5) ; donc, les domaines de la technè et de la vertu éthique sont séparés. Mise en œuvre de moyens, on ne… Lire la suite
TORAH

Écrit par :  Roland GOETSCHEL

… un ensemble de commandements (miṣwōt) qui culminent dans l'appel à la sainteté, règle de l'*éthique personnelle, dans l'obligation de la justice, qui s'impose à l'ensemble de la société, dans la requête de l'amour de Dieu et de l'amour du prochain, qui englobent toutes les autres exigences. Son message ne répond point d'abord à la… Lire la suite
TOTALITÉ ET INFINI, livre de Emmanuel Lévinas

Écrit par :  Francis WYBRANDS

Dans le chapitre "Une pensée du visage"  : …  discours originel dont le premier mot est obligation qu'aucune „intériorité“ ne permet d'éviter. » *Plus fondamentale que l'ontologie, l'éthique est la « source du sensé », souvent déniée par les philosophies qui ont tout misé sur une connaissance réduisant le tout de l'expérience à la visibilité du donné. Tout comme Kant, Lévinas ne cherche pas à… Lire la suite
VALEURS, sociologie

Écrit par :  Patrick PHARO

Dans le chapitre "Qu'est-ce qu'une valeur morale ?"  : …  les valeurs n'appartiennent pas nécessairement au domaine de la morale. Les valeurs proprement* éthiques sont historiquement liées, selon lui, aux religions du salut, et elles peuvent entrer en conflit, pour différentes raisons, avec d'autres « sphères de valeur », comme celles de l'économie, de la politique, de l'esthétique, de l'érotique et… Lire la suite
VERTU

Écrit par :  Baldine SAINT GIRONS

Dans le chapitre "Le mythe vertuiste"  : …  parce que dans son action il actualise le génie de son peuple, ses mœurs, ses lois et son langage. *Hegel appelle « empire éthique » le règne, en un lieu et un moment historique déterminés, de certains usages et coutumes. Aussi bien laisser s'exprimer la « substance éthique » de son peuple équivaut-il à épouser de l'intérieur une morale qu'on ne… Lire la suite
VOLONTÉ

Écrit par :  Paul RICŒUR

Dans le chapitre "Le contexte « éthique » : Aristote"  : …  *C'est d'abord dans le cadre d'une éthique que, pour la première fois, Aristote a conçu une analyse – subordonnée mais néanmoins distincte – du volontaire et de l'involontaire. Cette analyse, recueillie dans le livre III de l'Éthique à Nicomaque, contient en germe, outre les développements que lui donneront la psychologie médiévale et celle… Lire la suite
WEBER MAX (1864-1920)

Écrit par :  Julien FREUND

Dans le chapitre "Les lignes directrices de la philosophie wébérienne"  : …  désenchanté ? Il n'y en a que deux qui paraissent dignes d'être retenues : celle qui agit selon l'*éthique de conviction et celle qui agit selon l'éthique de responsabilité. La première consiste à se mettre inconditionnellement au service d'une fin, indépendamment des moyens à mettre en œuvre pour la réaliser et de l'évaluation des chances de… Lire la suite
WILLIAMS BERNARD (1929-2003)

Écrit par :  Thomas NAGEL Universalis

…  de tout point de vue humain. En revanche, il remet en cause cette notion d'objectivité en matière* d'éthique. Selon lui, les jugements moraux ne concernent pas la réalité du monde extérieur mais les actions des hommes. La vérité objective en la matière vient alors de la validité objective du raisonnement qui étaye les jugements pratiques émis sur… Lire la suite

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