5. Littérature
• Langues
Les premiers documents linguistiques connus sont quelques brèves inscriptions sudarabiques des ve-ive siècles avant J.-C. On possède maintenant d'autres documents épigraphiques – pratiquement de la même époque – également en sudarabique, mais présentant déjà certains phénomènes qui sont caractéristiques de l'éthiopien. Malheureusement, sur une période de plusieurs siècles les documents font défaut.
Le guèze, ou éthiopien classique, est la langue du royaume d'Axoum (sa fondation date du ier siècle de notre ère). À partir du iiie siècle, quelques courtes inscriptions témoignent de l'usage de cette langue. Son domaine englobait, probablement, les plateaux septentrionaux, c'est-à-dire, en gros, la province du Tigré et une partie de l'Érythrée. Le guèze a dû disparaître de l'usage parlé autour du xe siècle, mais il s'est maintenu, à l'instar du latin, comme langue savante et littéraire jusqu'au xixe siècle et est encore la langue liturgique de l'Église copte d'Éthiopie.
Les principales autres langues éthiopiennes sont : le tigrigna, qui s'est développé sur l'ancien domaine du guèze, et le tigré, au nord, l'amharique, langue officielle de l'empire, le harari, langue de la cité de Harar, l'argobba et le gafat, assez proches de l'amharique, et les dialectes gouragués au sud.
De ces langues, seuls le guèze et, de nos jours, l'amharique possèdent une littérature écrite. En harari existent deux ou trois œuvres, d'inspiration religieuse islamique, qui peuvent dater du xvie siècle. En tigrigna et en tigré, des recueils de littérature orale (traditions, fables, dictons, chansons) ont été collectés à l'époque moderne par les soins d'africanistes européens.
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