7. Régulation macroéconomique
• Les cycles
Tout au long du xxe siècle, l'économie américaine a connu des périodes alternées de croissance soutenue et de récession. Ces cycles ont été très marqués jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale, en particulier avec la Grande Dépression de 1929-1934 (chute de la production de 25 p. 100). Le désarmement, après la Seconde Guerre mondiale, a constitué le dernier épisode de forte récession aux États-Unis. Depuis lors, l'amplitude du cycle économique s'est considérablement réduite. Entre 1985 et 2005, les détériorations conjoncturelles ont été plus rares encore et de plus faible amplitude que dans les années précédentes (deux épisodes, l'un en 1991, l'autre en 2001, avec un creusement de l'écart de production de seulement 4 points contre 7 points en moyenne dans les années 1970-1985).
Il y a une raison structurelle à cela : les secteurs d'activité les plus touchés par les cycles économiques (l'industrie, la construction, etc.) forment une part de plus en plus réduite de l'activité globale. Mais les politiques macroéconomiques de stabilisation ont aussi été déterminantes pour expliquer l'ère de la great moderation. Tout au long des années 1950 et 1960, la politique macroéconomique était dédiée à la relance de l'économie en cas de baisse transitoire de l'activité industrielle et à son ralentissement lorsque l'inflation augmentait. À partir de 1970, les États-Unis, comme les autres pays industrialisés, ont connu une période de stagflation, c'est-à-dire de coexistence de l'inflation et du chômage. L'arrivée de Paul Volker à la tête de la Federal Reserve et celle de Ronald Reagan à la présidence des États-Unis ont changé totalement la politique macroéconomique : taux d'intérêt élevé et désinflation pour l'un, baisse des impôts et relance de la croissance de long terme pour l'autre. Les années 1980 ont surtout vu une modification de la nature des cycles économiques, désormais plus portés par les marchés financiers que par l'industrie : l'alternance de bulles sur les actifs et de brusques baisse des prix (marché monétaire en 1990, actions en 2001, immobilier en 2006) a imposé son rythme à la politique monétaire. Mais le dernier de ces soubresauts, qu’ont avait fini par trouver « normaux », a entraîné le pays et le monde dans une récession profonde.
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