3. Des inégalités croissantes
Si l'égalité de statut est plus grande aux États-Unis (entre salariés et chômeurs, etc.), l'inégalité des revenus salariaux y est plus forte qu'en France. Au cours du xxe siècle, les inégalités salariales ont d'abord décru de 1930 à 1970, en particulier au moment de la Seconde Guerre mondiale (de 1941 à 1953 précisément), épisode appelé great compression. Puis celles-ci ont eu tendance à croître, surtout depuis la fin des années 1970. Plusieurs dynamiques se conjuguent, rendant l'interprétation de cette tendance de long terme souvent controversée.
• Une croissance des revenus concentrée sur les plus riches
Depuis les années 1970, la population paraît s'être divisée en deux groupes très inégaux : les 80 p. 100 des travailleurs les moins riches qui voient leur situation relative baisser (la classe moyenne, regroupant les 20 p. 100 de travailleurs en haut de ces 80 p. 100 les moins bien payés, a vu sa part dans la masse salariale passer de 25 à 21 p. 100 entre la fin des années 1970 et le début des années 2000) ; les 20 p. 100 les plus riches, qui voient leur situation relative s'améliorer fortement, et ce d'autant plus qu'il se trouvent en haut de l'échelle (les 1 p. 100 les mieux payés ont doublé leur part dans les salaires, de 6 p. 100 à 12 p. 100 pendant la même période, les 1 p. 1000 les mieux payés ont triplé leur part, de 1,5 p. 100 à 4,5 p. 100). Par ailleurs, la mobilité sociale a eu tendance à diminuer pendant la même période : quelle que soit la tranche de revenu considérée, la probabilité de la quitter au bout d'un an (vers le haut ou vers le bas) diminue entre la fin des années 1970 et le début des années 2000, alors que cette probabilité augmentait auparavant.
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