6. La nouvelle Athènes
Bien que Thomas Jefferson se soit fait le propagandiste de l'architecture romaine, c'est le style néo-grec qui s'est imposé dans l'architecture publique et même privée de la première moitié du xixe siècle. Évoquant la démocratie athénienne dont la jeune république se réclamait et dont elle entendait poursuivre les idéaux politiques, le Greek Revival a pu faire figure de style national américain et a connu son apogée dans les années 1830 et 1840.
Benjamin H. Latrobe (1764-1820) qui ambitionnait de recréer dans les forêts de l'Amérique les fastes de la Grèce de Périclès en fut l'initiateur avec la Banque de Pennsylvanie à Philadelphie (1798-1800) dotée de deux portiques ioniques. Après avoir soumis un premier projet néo-gothique, Latrobe conçoit avec la cathédrale St Mary de Baltimore (1805-1821) une œuvre avec portique ionique et dôme à caissons inspiré de la Banque d'Angleterre construite à Londres par John Soane dans les années 1790.
William Strickland contribue quant à lui à l'affirmation du style néo-grec avec la seconde banque des États-Unis (1818-1824) dont le modèle est le Parthénon. Son bâtiment du Merchants' Exchange (1832-1834) se distingue par une colonnade semi-circulaire couronnée d'une réplique d'un autre édifice athénien, le monument choragique de Lysicrate. Ce même couronnement surmonte le capitole de l'État du Tennessee à Nashville (1845-1859), animé de quatre portiques ioniques.
L'architecture privée n'est pas en reste et adopte le style néo-grec, comme en témoigne parmi bien d'autres exemples le puissant portique dorique de la résidence Andalusia près de Philadelphie (vers 1797 et 1834) construite par Thomas U. Walter.
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