24. Entre Rome et Las Vegas : Robert Venturi
Ancien étudiant de Louis Kahn, Robert Venturi, né en 1925, s'est surtout fait connaître par deux ouvrages Complexity and Contradiction in Architecture (1966) et Learning from Las Vegas (1972) dans lesquels il affirme renoncer à l'architecture héroïque du Mouvement moderne (les « canards ») dont le sens ne serait plus perçu dans le monde contemporain. Less is a bore (« Moins c'est ennuyeux ») : telle est sa réponse à la devise de Mies van der Rohe Less is more. Admirateur du pop art, il prône l'architecture des « hangars décorés », c'est-à-dire des édifices avec des décorations plaquées. Tout en plaidant pour une architecture qui s'inspirerait des constructions commerciales qui bordent les rues, il pratique un historicisme subtil inspiré des architectures maniéristes, baroque ou rococo qu'il connaît bien pour les avoir visitées lors de son séjour à l'Académie américaine de Rome. Ses écrits théoriques ouvrent la voie à des pratiques contemporaines tout à la fois historicistes et maniéristes.
Associé à John Rauch et à Denise Scott Brown, sa femme, il a construit des œuvres qui paraissent banales au premier abord mais qui sont en réalité de subtiles transgressions des archétypes : caserne de pompiers no 4 (1965-1967) à Columbus, Indiana, maison Vanna Venturi (1962) à Philadelphie, maisons Trubeck-Wislocki (1970) à Nantucket, Massachusetts, maison de retraite Guild (1960-1963) à Philadelphie, musée d'art de Seattle, Washington (1992). L'œuvre la plus célèbre de Robert Venturi est l'aile Sainsbury de la National Gallery de Londres (1990).
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