12. L'École de Chicago
Après l'incendie d'octobre 1871 la ville de Chicago, qui est rapidement reconstruite, sert de cadre à une véritable architecture commerciale (immeubles de bureaux, grands magasins, etc.) largement indépendante des styles historiques. La construction à ossature en acier qui se généralise à partir de la fin des années 1880 soulève des problèmes inédits d'échelle et de formes que les praticiens se sont efforcés de résoudre dans un esprit pragmatique d'ouverture aux innovations. Si William Le Baron Jenney (1832-1907), qui a complété sa formation à l'École centrale des arts et manufactures à Paris entre 1853 et 1856, se fait connaître comme concepteur de parcs et urbaniste de banlieues résidentielles, en particulier à Riverside, Illinois, il se montre surtout soucieux d'appliquer à Chicago les nouvelles techniques de construction dans les bâtiments commerciaux. Le premier Leiter Building (1879) et le Home Insurance Building (1884-1885) offrent la possibilité de tester l'ossature métallique. Les élévations sévères et dépouillées du grand magasin dit second Leiter Building (1889-1891) montrent un parti pris de percement des façades et de régularité. Avec le Manhattan Building (1889-1891) qui a seize niveaux et le Ludington Building (1891), Jenney affirme les possibilités nouvelles offertes par l'ossature en acier, mais le problème esthétique n'est pas vraiment résolu parce que l'édifice n'a aucune unité organique.
L'agence Burnham et Root qui a fonctionné de 1873 à 1891, date de la mort prématurée de John Root, a construit de très nombreux édifices (hôtels, églises, magasins, maisons particulières), mais elle s'est surtout fait connaître dans le domaine des immeubles commerciaux à Chicago. Trois édifices à murs porteurs témoignent d'une volonté de simplification formelle : l'austère Montauk Building (1881-1882), le Rookery Building (1885-1887) aux références néo-romanes revues par Henry H. Richardson, et le Monadnock Building (1889-1891) aux façades sans d […]
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