La très mauvaise situation de l'économie domine la vie politique estonienne durant l'année 2009. Les désaccords concernant les propositions de coupes budgétaires amènent le Premier ministre Andrus Ansip à écarter en mai le Parti social-démocrate de la coalition au pouvoir – décision qui met en minorité le gouvernement, désormais soutenu par deux formations seulement. Lors des élections européennes de juin, le Parti de la réforme d'Andrus Ansip est devancé par son principal rival, le Parti du centre, sous la houlette du maire de Tallinn, Edgar Savisaar, ainsi que par un candidat indépendant, Indrek Tarand. À l'issue des élections municipales d'octobre, le Parti du centre remporte la majorité absolue à Tallinn et près d'un tiers des suffrages au niveau national, bien que le Parti de la réforme conserve son emprise sur Tartu, la deuxième ville du pays. Les deux scrutins se distinguent par un taux de participation record.
Tous les principaux indicateurs économiques sont dans le rouge en 2009. Le P.I.B. et les valeurs immobilières enregistrent une baisse sévère, tandis que le chômage atteint un taux à deux chiffres au premier trimestre. Les recettes de l'État, les salaires, les ventes de détail et les investissements directs étrangers connaissent par ailleurs un fort déclin. Le gouvernement tente de profiter de la baisse de l'inflation pour accélérer le passage à l'euro : il réalise ainsi de douloureuses coupes budgétaires – prenant notamment des décisions politiquement sensibles sur les services sociaux – afin de maintenir le déficit de l'État au-dessous du seuil de 3 p. 100 du P.I.B. fixé par l'Union européenne aux futurs membres de la zone euro.
L'Estonie conserve un rôle actif dans les forces de l'O.T.A.N. stationnées en Afghanistan, mais son image au sein de l'Alliance est ternie par les révélations concernant Herman Simm, ancien haut fonctionnaire du ministère de la Défense estonien, qui a mené pendant plus de dix ans des missions d'espionnage pour le compte de la Russie. Simm est reconnu coupable de trahison par un tribunal estonien en février. En dépit de cette affaire, les relations avec la Russie s'améliorent légèrement, bien que, pour des raisons à la fois environnementales et politiques, l'Estonie continue de critiquer le projet de gazoduc Nord Stream qui doit relier la Russie à l'Allemagne en traversant la mer Baltique.
Toivo U. RAUN
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