4. Propriétés chimiques
Comme les autres fonctions dérivées de la fonction acide : anhydrides, chlorures, amides, les esters subissent des réactions d'hydrolyse, d'alcoolyse, d'ammonolyse et d'aminolyse qui sont acido- et baso-catalysées.
D'autres réactifs azotés sont couramment mis en œuvre pour préparer, à partir d'eux, des fonctions particulières, dérivées des acides : l'hydroxylamine conduit aux acides hydroxamiques, l'hydrazine aux hydrazides, l'acide azothydrique aux azides.
La réduction des esters peut être réalisée avec les hydrures complexes (LiAlH4, NaBH4), avec le sodium et l'alcool (Bouveault et Blanc), ou l'hydrogène moléculaire en présence de chromite de cuivre : on obtient deux alcools. Cette dernière réaction est pratiquée industriellement pour transformer en alcools primaires à longue chaîne (alcools gras) les esters méthyliques d'acides gras obtenus par méthanolyse des corps gras (réactions).
Les magnésiens réagissent avec les esters en donnant les alcools tertiaires, sans qu'il soit possible d'arrêter la réaction au stade de la cétone.
Une réduction duplicative en α-dicétone est observée sous l'action du sodium en milieu rigoureusement aprotique ; la dicétone est réduite en ène-diolate qu est hydrolysé en acyloïne (réactions).
Comme tous les dérivés de la fonction acide, les esters ont un hydrogène en α relativement acide (pKa 24,5) qui, sous l'action de bases assez fortes, est arraché. Le carbanion résultant, stabilisé par conjugaison, est un excellent nucléophile qui peut s'associer avec de nombreux substrats. Réagissant avec l'ester lui-même, il conduit par la réaction de Claisen aux dérivés acétylacétiques (cf. ester acétylacétiques) ; réagissant avec les halogénures d'alkyle, il conduit à des esters α-substitués.
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