Après un séjour à Paris où il fréquenta Lamennais, l'écrivain argentin Echeverría introduisit le romantisme en Amérique latine. En 1832, peu de temps après les grandes batailles romantiques, il publia Elvira o la Novia del Plata, en 1834 ses Consuelos et en 1837 ses Rimas, qui contiennent son poème le plus connu, La Cautiva. Ces ouvrages montrent, outre la coloration propre à la lyre romantique — déjà le titre de Consolations est tout un programme —, l'influence du roman historique et la recherche d'une inspiration locale (La Captive présente, peut-être pour la première fois, mais en tout cas de façon fort différente des épopées espagnoles de la Renaissance et du baroque, le thème de l'Indien tel qu'il apparaissait aux contemporains de l'auteur). La tyrannie de Rosas obligea Echeverría, comme toute l'intelligentsia d'alors, à émigrer. Il n'est pas inutile de rappeler à ce propos que le romantisme était bien plus qu'une école ou qu'une attitude littéraire : Echeverría compte dans sa production un essai, El Dogma socialista (1837), singulièrement important et fort avancé pour l'époque. Également inspiré par la politique antirosiste, L'Abattoir (El Matadero), court récit en prose, a pu être considéré, par sa cruauté, comme le point de départ de l'école naturaliste locale.
Daniel DEVOTO
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