Dernier des cinq grands compositeurs pour le clavecin – aux côtés de Couperin, Rameau, Haendel et Bach –, Domenico Scarlatti domine à tel point le langage de son instrument que le reste de sa production – opéras et œuvres sacrées, principalement – semble, en comparaison, manquer de relief. 555 pièces figurent dans le catalogue établi par le claveciniste et musicologue Ralph Kirkpatrick, mais trente seulement furent publiées par le compositeur, en 1738 ou 1739, dans un recueil intitulé Essercizi per gravicembalo. Ces « Exercices pour clavecin » méritent bien leur appellation car ils ne se rattachent pas à une forme bien déterminée et la plupart de ces courtes pièces, toutes en un seul mouvement, n'illustrent qu'un seul aspect technique à la fois : trilles, arpèges, notes répétées, croisements de mains, sauts d'intervalles... Par leur imagination débordante, la hardiesse de leurs harmonies et leur caractère dramatique, ces pièces marquent le passage de la musique pour clavier du baroque à la première école classique – illustrée notamment par Carl Philipp Emanuel Bach –, annonciatrice du classicisme viennois. Comme l’a affirmé le claveciniste français Robert Veyron-Lacroix, « Scarlatti délaisse le passé et prépare l’avenir ».
Son
Sonate en ut mineur Domenico Scarlatti (1685-1757) Sonate pour clavecin (Essercizi per gravicembalo) en ut mineur, K 11, L 352 (publiée à Londres en 1738) Zuzana Ruzicková, clavecin. Image: Portrait du compositeur italien Domenico Scarlatti par Domingo Antonio de Velasco. Casa-Museo dos Patudos, Alpiarça (Portugal).…
Crédits: Musique: © Koka Media
Image: © AKG
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Juliette GARRIGUES
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